Coronavirus : des associations engagées pour le climat appellent à une transition locale "drastique" dans le Puy-de-Dôme

Sept associations locales pour le climat et la justice sociale appellent d'une même voix, les décideurs du Puy-de-Dôme, à s'engager dans "une transition locale drastique". Ils demandent "l'arrêt des grands projets inutiles".
 
Des associations engagées pour le climat veulent un avenir plus vert et durable pour le Puy-de-Dôme.
Des associations engagées pour le climat veulent un avenir plus vert et durable pour le Puy-de-Dôme. © R.Brunel/Maxppp
Greenpeace, Alternatiba, Youth for Climate, Extinction Rebellion, la Doume, Attac et Action COP21. Ces sept associations locales du Puy-de-Dôme sont du même avis : "Malgré les constats dressés depuis des dizaines d'années, la transition nécessaire vers une société durable et solidaire n'est pas sérieusement engagée" . Et de plaider pour "une transition locale drastique" et "l'arrêt des grands projets inutiles".
Dans cet appel, les associations incitent tous les décideurs locaux " à devancer les directives nationales" et à mobiliser les moyens de "sécuriser nos besoins les plus essentiels, qu'ils soient économiques, sociaux, de santé ou environnementaux". Pour les signataires, la crise sanitaire liée au Covid-19 a mis à jour la fragilité de notre système globalisé sans remettre en cause l'économie capitaliste. "L'inertie est tellement énorme que ça prendra du temps" se désole Antoine Pesnel. "Mais au niveau des territoires, il faut que l'on commence maintenant à enclencher des choses et on a des leviers à cette échelle là " avance l'administrateur de l'association Alternatiba 63. 

Une transition locale drastique


Pour ces associations engagées pour le climat et la justice sociale, "les plans d'action existants s'arrêtent souvent au recueil de bonnes intentions". Il faut "prévoir l'arrêt définitif de l'artificialisation des sols et faciliter le développement de commerces de proximité avec la création d'emplois non-délocalisables". Des plans comme le SCoT (schéma de cohérence territorial) permettent de faciliter, par des mesures fiscales incitatives, l'implantation d'entreprises qui respectent les contraintes environnementales et économiques. "Clermont-Ferrand a commencé à le faire mais il faut que toutes les communes du Grand Clermont inscrivent cela dans leurs plans " estime Antoine Pesnel.

Assurer l'autosuffisance alimentaire du territoire 


Le collectif plaide aussi pour l'autosuffisance alimentaire du territoire. "Les plans alimentaires territoriaux (PAT) doivent garantir l'accès à une alimentation locale de qualité pour chaque citoyen" souligne le collectif d'associations. Le Département du Puy-de-Dôme n'est pas autonome pour son alimentation. "C'est quand même incroyable ! " s'exclame Danielle Nadal, fondatrice du projet de monnaie locale "la Doume". "Ca traîne, c'est agaçant" déplore la militante associative. "Il y a eu un gros travail de fait mais faute de financements on ne peut pas avancer". 

Stopper tous les grands projets "inutiles" ! 


Les associations vont jusqu'à préconiser "l'arrêt des grands projets inutiles". Deux projets en particulier suscitent une vive opposition : " Le projet d'agrandissement de l'incinérateur de Clermont-Ferrand, on était contre au départ . On trouve que c'est une mauvaise orientation, la bonne, ce serait la diminution des déchets et le recyclage. Le grand stade de Clermont-Ferrand nous paraît aussi inutile" tranche Danielle Nadal. Sur les moyens financiers, ajoute Antoine Pesnel "Ça reste une question, mais si, on arrêtait de gaspiller de l'argent dans certains projets incohérents.! Il y a encore beaucoup à faire pour cette résilience territoriale" conclu le militant d'Alternatiba 63.
 
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