Coronavirus. Avec le confinement, l’épicier ambulant du Sancy est très attendu dans le Puy-de-Dôme !

Arnaud Richard était chauffeur-routier. Un jour, il en a eu marre, il a racheté un camion épicerie pour faire des tournées en montagne, dans le Sancy. Depuis le début du confinement, le chiffre d’affaires du commerçant du Puy-de-Dôme a bondi de 40% et il a plein de nouveaux clients !
Très attendu dans les villages du Sancy, l'épicier ambulant a beaucoup de travail depuis le confinement mais il est heureux de se "sentir utile"
Très attendu dans les villages du Sancy, l'épicier ambulant a beaucoup de travail depuis le confinement mais il est heureux de se "sentir utile" © M. Van Oudendycke/ FTV
Après 20 ans au volant de son semi-remorque, un jour, il en a eu assez. Assez de la ville et de cette vie. Envie de retrouver « ses montagnes », comme il dit.
L’opportunité s’est présentée. Arnaud Richard a racheté le camion magasin de la maison Gallet, un grossiste en fruits et légumes bien connu dans la région de Clermont-Ferrand. Et depuis trois ans, il sillonne les petites routes du Sancy au volant de son épicerie ambulante. Depuis le début du confinement, le 17 mars, il a de nouveaux clients et beaucoup plus d’activité.
 

« Livrés devant la porte, c’est le bonheur ! »

Il a neigé sur les hauteurs du Sancy. Un peu de blanc et beaucoup de vert aussi. Le matin, lorsqu’il se réveille et monte dans son camion vers 7 heures et demie, Arnaud Richard a le sourire. « C’est beau », dit-il, visiblement heureux de sa nouvelle vie, cette vie qu’il a choisie il y a 3 ans en reprenant le camion épicerie. « Le métier de routier ne me convenait plus », commente sobrement ce quadragénaire, originaire de Besse-et-Saint-Anastaise, dans le Puy-de-Dôme.
Dans son bazar ambulant de 35 mètres carrés, on trouve bien-sûr des produits de pays, des charcuteries et des fromages du Cantal par exemple, des fruits, des légumes, de l’épicerie… « J’ai tout ce qu’il faut pour que les gens n’aient pas à se déplacer ».
Quand il arrive dans le village de Chambon-sur-Lac, pas besoin de klaxonner, les clients fidèles sont déjà là. Comme Jérôme par exemple : « En ce moment, on fait un peu plus de courses dans le camion. Depuis le confinement, je ne suis pas allé une seule fois en grande surface ! ».
Sa voisine confirme : « C’est très pratique, nous sommes livrés devant la porte une fois par semaine, c’est le bonheur ! ». Cette retraitée est une habituée qui se sert « au camion » toute l’année.
Désormais un seul client à la fois dans le camion épicerie d'Arnaud
Désormais un seul client à la fois dans le camion épicerie d'Arnaud © M. Van Oudendycke/ FTV

40% de chiffres d’affaires en plus 

Mais il y a les autres aussi, les nouveaux clients. Arnaud l’a constaté : depuis le début du confinement, beaucoup de maisons secondaires se sont ouvertes.
« En temps ordinaire, j’ai beaucoup de retraités, près de 90% de ma clientèle. En ce moment, j’ai de nouveaux clients, les gens qui habituellement sont au travail pendant ma tournée et ceux qui ne sont là que l’été ». Ils sont venus se mettre au vert, Arnaud les comprend !
Conséquence pour lui : beaucoup plus de travail, près de 120 nouveaux clients chaque semaine et un chiffre d’affaires qui a augmenté de 40% !
Le revers de la médaille, c’est qu’il a moins de temps pour prendre le café avec les uns et pour discuter et écouter les autres car il est bien conscient du rôle social qui lui revient dans ces campagnes dépeuplées. Avec le facteur, il est quelques fois le seul lien avec le monde extérieur pour les personnes les plus âgées ou les plus isolées. D’autant qu’avec le boulanger, il est désormais le seul à proposer ainsi des tournées ambulantes hebdomadaires.
Chaque semaine, il parcourt près de 240 kilomètres autour de Murol, lors de ses quatre jours de tournée.

« J’ai des mercis toute la journée, ça fait du bien ! »

Les journées sont longues, de 7h30 à 18h30, mais qu’importe ! « J’ai des mercis toute la journée, ça fait du bien, on se sent utile », constate le commerçant qui a dû s’adapter un peu lui aussi. Un masque, des gants, du gel, une bombe désinfectante… et puis désormais un seul client à la fois dans le camion. « Je ne laisse pas trop toucher les légumes, ce que les clients touchent, ils le prennent c’est normal ! ».
Arnaud n’a pas profité de la crise sanitaire pour changer ses prix, il s’est juste adapté aux cours à la hausse des fruits et des légumes. Bien-sûr, il espère au plus vite retrouver ses petites habitudes mais il espère aussi conserver un peu sa nouvelle clientèle.
En attendant, comme il dit, il continue à dépanner le maximum de personnes, car « moins ils bougent et mieux c’est ». La preuve ? Il n'y a aucun cas de COVID 19 dans les villages du Sancy !
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