Coronavirus COVID 19 : “Reste chez toi corona”, dans le Puy-de-Dôme, une infirmière intimidée témoigne

Voici le message laissé sur la vitre arrière de la voiture d'une infirmière libérale du Puy-de-Dôme : "Reste chez toi corona". / © Christine Cotte
Voici le message laissé sur la vitre arrière de la voiture d'une infirmière libérale du Puy-de-Dôme : "Reste chez toi corona". / © Christine Cotte

Mercredi 25 mars, dans le Puy-de-Dôme, une infirmière libérale dit avoir reçu des intimidations et a vu son véhicule dégradé. Sur la vitre arrière était écrit « Reste chez toi corona ». Elle a décidé de porter plainte. Pas question pour elle d'arrêter les soins pendant l'épidémie de coronavirus.
 

Par Catherine Lopes

Près d’une semaine après l’intimidation dont elle a été victime, en pleine épidémie de coronavirus COVID 19, Christine Cotte, infirmière libérale à Chapdes-Beaufort dans le Puy-de-Dôme, n’en revient toujours pas. Elle raconte : « C’était mercredi 25 mars. Je suis partie faire ma tournée comme tous les matins. A midi j’ai remarqué une grosse bosse sur le haillon de mon véhicule et l’inscription "Reste chez toi corona" écrite sur ma vitre arrière avec de la poussière ».

J'avais peur que l'on me crève les pneus

Elle poursuit : « J’étais très en colère et choquée. On ne s’imagine pas que de telles choses peuvent arriver en milieu rural. Je me gare tous les jours dans des cours, dans des endroits isolés, où les gens me connaissent. Le lendemain, j’avais peur que l’on me crève les pneus. Je n’étais pas fière ». Après cette intimidation, Christine Cotte entend déposer plainte mercredi 1er avril à la gendarmerie de Pontigbaud. Le capitaine Barraja, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Riom, confirme : "Des contacts ont été pris aujourd'hui mardi 31 mars. La victime va déposer plainte demain mercredi à Pontgibaud. Nous n'avons pas pour le moment d'autres élements que ceux indiqués sur sa page Facebook". L'infirmière espère que les forces de l’ordre identifieront l’auteur des faits. 

Nous sommes une profession qui souffre

Elle précise : « J’espère qu’ils le trouveront mais je ne vois pas comment. Personne n’a rien vu. J’ai demandé à tout le monde. Je ne comprends pas pourquoi il a agi de la sorte. Nous sommes une profession qui souffre. Nous travaillons, nous prenons nos précautions et nous nous faisons insulter ». En 27 ans de carrière l’infirmière libérale n’a jamais connu d’autre intimidation. Le message laissé sur sa vitre arrière et son haillon cabossé ont fait le tour des réseaux sociaux. Elle a depuis reçu des marques de soutien venues de la France entière.

Un pilier essentiel de la lutte contre le COVID 19

La préfète du Puy-de-Dôme Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc rappelle que "Les personnels médicaux sont un pilier essentiel de la lutte contre le COVID 19 et que les intimidations ou les vols qu'ils pourraient subir du fait de leur profession seront traités par les forces de l'ordre avec une sévérité proportionnelle à l'indignité de tels comportements". Elle encourage bien sûr toutes les victimes à porter plainte. Un dispositif de sécurisation et de surveillance des lieux de stockage de matériel médical  a été mis en place dès le début de la crise en lien avec les référents sûretés de la police et de la gendarmerie. L'objectif est de garantir l'intégrité des lieux et l'approvisionnement des personnels soignants. La préfecture précise dans un communiqué : « Dans le contexte actuel, les professions libérales doivent elles aussi prendre des précautions supplémentaires pour se préserver d'éventuels larcins, ne pas laisser des masques visibles dans leur véhicule ou stocker leur matériel dans un lieu sécurisé par exemple ».
 

 

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