Début difficile pour les soldes d'hiver en Auvergne

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Écrit par Delphine Cros

En raison du contexte sanitaire, les soldes d'hiver connaissent un très mauvais démarrage. Les commerçants du Puy-de-Dôme, du Cantal, de la Haute-Loire et de l’Allier enregistrent un recul de près de 30% par rapport à l’an dernier.

Les soldes d’hiver, commencés le mercredi 12 janvier, étaient très attendus par les commerçants. Mais cette année, les clients n'affluent pas en masse dans les magasins. "On les compte même sur les doigts des mains" se désespère Magali Pradou, responsable d’un magasin de lingerie à Aurillac dans le Cantal. "Les gens ont peur de venir dans les boutiques pour essayer et pour acheter." Pour elle, comme pour d’autres, aucun doute, le responsable de cette situation est le contexte sanitaire.

Un avis partagé par Stéphanie Col, directrice d’un magasin de vêtements et présidente de l’office de commerce et de l’artisanat de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay en Haute-Loire qui indique : "On a fait une belle année 2021 et un beau mois de décembre. Mais juste après les fêtes de fin d’année, on a constaté une grosse baisse de fréquentation. Entre les personnes qui ont la Covid, les cas contact, les gens qui gardent les enfants, ceux qui sont en télétravail et les contaminations en hausse forcément les gens ne se bousculent pas dans les boutiques. La pandémie est clairement la cause".

Dans le Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand, le constat est identique. Stanislas Renié, vice-président de la Chambre de Commerce du Puy-de-Dôme précise : "Ce ne sont clairement pas des soldes qui démarrent sur les chapeaux de roue. Les gens sont inquiets et ne veulent pas se regrouper dans des lieux fermés. On peut tout à fait le comprendre quand on voit les chiffres des contaminations".

Jusqu’à moins 30 % par rapport à l’an dernier    

"Les clients ne répondent pas présents mais il y a aussi des magasins fermés, des restaurants ou encore des cafés à cause de la pandémie" souligne Foudil Meddahi, responsable d’un magasin de vêtements à Vichy et référent commerce à la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Allier. "Le contexte sanitaire nous touche tous et n’épargne personne". Il enregistre une baisse importante de fréquentation en ce début de période de soldes : "Comparé à 2020, on est à moins 30% et à 2021, on est à moins 19%".

Dans son magasin de vêtements au Puy-en-Velay, Stéphanie Col enregistre une baisse de 30% de son chiffre d’affaire. Et Hélène Martin, présidente de la Fédération Clermont Commerce d’ajouter elle aussi : "Par rapport à l’an dernier, de nombreux commerçants enregistrent une baisse de 30%. C’est très très calme. L’effervescence des fêtes a totalement disparu".

Pour tous, le démarrage est difficile. La première semaine a été compliquée à l’exception de samedi. Certaines villes, comme Clermont-Ferrand, pouvaient ouvrir leurs commerces dimanche. Hélène Martin précise : "Les boutiques étaient ouvertes dans le centre de Clermont mais les clients n’étaient pas au rendez-vous. Il faisait très beau, les gens sont allés se promener au grand air. Du coup, nous n’allons pas réitérer de demande d’ouverture dominicale à la Préfecture pour les dimanches suivants. Cela ne vaut pas la peine. Les résultats ne sont pas au rendez-vous".

Des commerçants moroses  

Dans sa boutique de lingerie, à Aurillac, Magali Pradou, déprime un peu en ce début d’année. "Entre le contexte sanitaire, l’absence de clients et la météo maussade qui ne donne pas envie de sortir… c’est compliqué" indique-t-elle. Hélène Martin, présidente de la Fédération Clermont Commerce souligne : "Les commerçants n’ont pas le moral. La morosité est là. Nous sommes inquiets pour la suite".

Pour faire face, de nombreux commerçants continuent de s’organiser. Foudil Meddahi, référent commerce à la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Allier souligne : "Depuis le début du Covid, nous évitons tous les surplus de stocks. Nous commandons moins et sommes à la limite de la rupture de stock. Et puis, nous sommes nombreux à avoir créé des sites internet. Nous allons chercher la clientèle qui ne vient pas en magasin. Cela permet d’éviter une baisse du chiffre trop importante et de garder une rentabilité".

De son côté, Stéphanie Col présidente de l’office de commerce et de l’artisanat de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay veut rester optimiste : "C’est compliqué moralement car cette période est d’ordinaire très active. Il règne une certaine morosité. Mais il faut garder le moral. Il n’y a pas de raison pour que les clients ne reviennent pas. On sent un tout léger frémissement en ce début de deuxième semaine des soldes".