Le chef de file du Front de gauche à l'Assemblée nationale, André Chassaigne, a dit mardi craindre de se faire "embabouiner" par François Hollande sur la déchéance de nationalité, avec un simple "habillage" de cette mesure controversée présenté aux parlementaires vendredi.
"Les différents groupes parlementaires seront reçus par le président de la République et le Premier ministre" vendredi sur la révision de la Constitution, a rappelé André Chassaigne lors d'un point de presse. Ce sera pour "une communication qui devrait consister en une forme d'habillage, de modification de l'article 2" de la réforme constitutionnelle, portant sur la controversée déchéance de nationalité, a-t-il estimé. "Il faut voir ce que ça va donner au final", mais "je ne crois pas trop aux miracles", a glissé ce député communiste du Puy-de-Dôme, rappelant l'opposition de son groupe à la réforme constitutionnelle telle qu'annoncée par le président dans le sillage des attentats du 13 novembre. Le projet prévoit aussi de constitutionnaliser l'état d'urgence.Espérant que "ces rendez-vous de vendredi ne sont pas encore un moyen pour emberlificoter la situation, pour que la majorité puisse garder la tête hors de l'eau", le chef de file des députés Front de Gauche a évoqué un "numéro d'équilibriste pour nous embabouiner" (amener quelqu'un par des paroles flatteuses à faire ce que l'on souhaite de lui), avec "peut-être une formulation différente". "Au final, on risque de se retrouver dans un espèce de salmigondis auquel personne ne croit", a prévenu M. Chassaigne.
Concernant l'action de M. Hollande plus globalement, cet adepte des belles formules a aussi cité un sketch de l'humoriste Raymond Devos, qui lui a "fait penser au président de la République": "Moi qui vous parle, j'ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit, alors quand j'avance le pied droit, le gauche qui ne veut pas rester en arrière en fait autant. Et moi, comme un imbécile, je marche!" "Raymond Devos disait cela. Je dirai que le président de la République (...), le problème qu'il a c'est cette jalousie entre le pied gauche et le pied droit. Le problème, c'est que c'est le pied droit qui avance plus vite aujourd'hui. Je pense qu'avec cela, il aura des difficultés pour ne pas chuter...", a lancé l'élu communiste auvergnat.