Déconfinement : le jour d’après imaginé par les habitants d’Issoire dans le Puy-de-Dôme

A la veille du déconfinement, que feront les habitants d’Issoire dans le Puy-de-Dôme le 11 mai après cette période inédite imposée pour lutter contre le coronavirus Covid 19 ? Et que retiennent-ils de ces longues semaines ?
En se promenant ce dimanche 10 mai dans les rues d’Issoire (Puy-de-Dôme) on sentait bien qu’il s’agissait d’un jour pas ordinaire. Il y avait moins de monde que d’habitude, mais tout de même des clients qui faisaient de rapides courses ; quelques personnes portaient des masques et surtout tous avaient quelque chose à raconter au sujet du confinement qui allait bientôt se terminer. Le jour d’après est déjà dans l’esprit de chacun.

"Comme je suis à la retraite depuis le 1er avril, je vais enfin pouvoir peindre, peut-être faire un peu de sculpture. Je me suis un peu reposée, j’ai fait les rangements du placard" dit cette passante.

Pour Aurélie : "Je vais voir ma famille, surtout ma mère, à Issoire et aux alentours. On évitait de se voir, le reste ça viendra plus tard, on va rester prudentes".

"Je vais essayer de faire mes courses en ayant un masque, pour l’instant je n’en ai pas" dit une autre. "Les anciens, il faut que l’on fasse attention à nous ; mes petits-enfants ne viendront pas me voir. J’attendrai un peu plus longtemps car je suis une personne à risque, je dois rester prudente si je veux voir mes petits-enfants grandir".

Un homme maintenant : "Je vais pouvoir faire du vélo surtout, et avoir un peu de liberté, sortir dans les bois, faire un peu de voiture, voir des amis, c’est surtout ça le déconfinement. Demain matin de bonne heure s’il fait beau, et je ne vais pas être le seul je pense, 60-70 kilomètres pour faire tourner les jambes un petit peu. C’est long d’être confinés 2 mois".

"Ah la première chose que je vais faire je crois c’est d’aller chez le coiffeur, et marcher en dehors du périmètre de la maison, prendre l’air, c’est essentiel pour moi. Voir des gens, rencontrer les amis, dès demain".

Pour Bertrand Barrault, le maire d'Issoire qui venait à la rencontre des habitants du centre ville : "On voit que tous les commerçants sont en train de mettre les petits plats dans les grands pour que tout se passe au mieux demain, les mesures barrières seront respectées. On a vu que les boulangers ont su s’adapter et ça nous donne chaud au cœur et demain matin on sera là pour faire les premières emplettes sur Issoire. On l’a déjà senti samedi sur le marché, les gens avaient retrouvé le sourire, avaient envie de parler, de communiquer et je suis persuadé que demain, il en sera ainsi même si bien sûr certains seront encore un peu avec la peur au ventre. Mais quand ils verront dans l’ensemble que tout se passe très bien, ils seront rassurés et ils auront envie de revenir sur notre belle ville Peut-être aussi retrouver quelques amis pour courir un peu parce que toujours tout seul, il y a un moment où c’est un peu compliqué".

"Je serai plus libre de sortir, tout le monde le sera. Maintenant si les gens respectent les gestes barrières ça ira mais si tout le monde ressort comme avant, je pense que ça ne tiendra pas longtemps et qu’on sera reconfinés".

"Je vais aller chez ma mère qui a 83 ans et qui est aveugle, c’est ma première idée. Ils ne sont pas éternels nos parents ! C’étaient mes enfants qui lui apportaient les courses et lui faisaient à manger".

"Etant retraité, je vis seul, ça ne pas changer beaucoup de choses, mis à part le fait d’être un peu plus calme dans mes démarches, pour faire mes courses parce que j’aurais un peu plus de temps. Mais je ne voudrais pas être à la place des gens qui ré-attaquent le boulot parce que surtout avec les normes annoncées, ça va être dur".

Pour cette esthéticienne qui s’apprête à ouvrir son magasin 100% bio : "On va revivre un peu quand même, on va revoir du monde, bouger un peu. Après il faudra faire attention aux gestes barrières, mais il faut revivre parce que ça devient difficile pour tout le monde. Je devais ouvrir mon magasin le 2 avril, mais il y a eu le confinement, j’ai dû décaler. C’est l’excitation, après on verra bien.

Une jeune femme à sa fenêtre : "Je vais reprendre le travail par exemple. J’étais à l’arrêt depuis le début du confinement et je ré-attaque mardi. Très contente de reprendre la vie normale".

"Je vais courir ! Demain matin, je me lève, je mets un short et je vais courir… loin, sur le plateau au-dessus d’Issoire, pour s’aérer. Ça m’a manqué, après moi j’ai travaillé pendant tout le confinement, donc j’ai quand même des interactions sociales avec pas mal de gens".

"Cela fait 3 semaines que j’ai repris le travail. Demain ? C’est le papier de l’attestation en moins dans les poches, et éventuellement moins de risques de PV, c’est bien. Après le quotidien c’est resté comme avant. Au 3ème étage, dans 50 m² au bout d’un certain temps on a envie de voir du monde. Maintenant il faut rester vigilants, c’est important".

Souvenirs du confinement

Forcément deux mois de confinement, c’est une expérience dont tout le monde se souviendra :

"En confinement on est stressés, on tourne en rond dans les appartements les maisons. J’espère que l’Auvergne n’est pas trop touchée par ce fléau".

"Du confinement je ne vais rien regretter du tout. Ça n’a pas a été stressant, mais difficile dans le sens où on ne peut pas voir qui on veut, sortir comme on veut".

"Ce qui m’a manqué, c’est de ne pas sortir, de ne pas pouvoir voir mes petits-enfants. Je sors mon chien chaque jour et puis je me débrouille avec les voisins".

"Ce que je vais regretter, c’est le calme, le fait qu’il n’y ait pas de véhicule, que l’on a revu la nature se réveiller, les oiseaux…"

"Je suis quelqu’un hyperactif, et là obligatoirement on a ralenti parfois, pris le temps d’appeler certaines personnes alors que je ne l’avais pas fait depuis des mois, des années. Ça a relancé quelques relations qui s’étaient éteintes".

"Regretter, non ! C’est une période bizarre, c’est quelque chose à laquelle on ne s’attendait pas du tout donc il a fallu s’habituer petit à petit à sortir,  différemment faire les choses, différemment se retrouver un peu plus chez soi, ça change forcément".

"Je ne regrette rien parce qu’il fallait le faire, c’est notre vie, c’est pour nous, il fallait penser à nous. On arrive à des âges, si on veut vivre longtemps, il faut rester enfermés et sortir avec un masque".

"Il est possible que les restrictions qui ont eu lieu ont pu amener un certain calme au niveau des gens. Et peut-être que ça leur donnera un peu plus de maturité dans leur tête parce que ça évite de courir, de courir, de courir…"

"Je vais regretter de passer du temps avec ma fille, du coup je profite un peu plus d’elle, ces petits moments vont peut-être nous manquer. Mais reprendre une vie normale va faire du bien aussi".

"Le calme en ville, forcément on sortait peu, pour les courses, c’était super agréable : plus de bruit de voiture, et puis j’espère que les gens vont garder les bonnes habitudes, se laver les mains, ce qu’ils touchent dans les magasins".

Notre dernier interlocuteur est plein de sagesse : "Serrer la main, faire la bise, c’est perdu, et j’espère qu’on va pouvoir reprendre ça car ce sont des gestes de politesse, saluer quelqu’un c’est quand même la base".
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