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Procès Fiona - Berkane Makhlouf a "une personnalité moins floue que celle de Cécile Bourgeon" (expert psychologue)

Après avoir dressé le portrait de Cécile Bourgeon le matin, l'experte psychologue qui a témoigné à la barre de la Cour d'assises du Puy-de-Dôme a fait celui de Berkane Makhlouf, l'après-midi, l'autre accusé dans la mort et la disparition de Fiona en ma 2013 à Clermont-Ferrand.
Berkane Makhlouf, photographié en mai 2013 à Clermont-Ferrand, quelques jours après l'annonce de la disparition de Fiona par sa mère, Cécile Bourgeon.
Berkane Makhlouf, photographié en mai 2013 à Clermont-Ferrand, quelques jours après l'annonce de la disparition de Fiona par sa mère, Cécile Bourgeon. © MaxPPP
La psychologue qui se tient devant la Cour d'assises du Puy-de-Dôme mardi en début d'après-midi explique avoir rencontré Berkane Makhlouf à deux reprises : les 7 et 29 janvier 2014. De ces deux rendez-vous, elle garde en mémoire l'image d'un homme "immature", à la personnalité "moins floue" que celle de Cécile Bourgeon, et qui a "du mal à canaliser sa frustration". "Nos rencontres étaient chaotiques, explique l'experte, il hurlait, gesticulait, crachait et  envoyait la chaise à terre". "J'avais l'impression d'avoir en face de moi un petit garçon qu'il fallait rassurer", explique-t-elle.

Berkane Makhlouf est issu d'une famille recomposée, dans laquelle la mère a eu 6 enfants nés de 3 pères différents. Lui, il n'a jamais connu le sien. "Sa mère s'est beaucoup occupée de ses petites soeurs, en creux cela veut dire - pas de lui - ", poursuit le témoin qui rappelle que l'accusé a été placé dans un foyer à l'âge de 13 ans. Son parcours scolaire est tout aussi chaotique, "il n'a jamais rien pu construire" de ce côté-ci "malgré des compétences intellectuelles", et pas davantage sur le plan professionnel ou affectif.

Avec Cécile Bourgeon, c'est la seule fois où il a aperçu ce qui pouvait être une vie familiale. - Experte psychologue


Sa rencontre avec Cécile Bourgeon lui apporte un peu d'espoir. L'experte psychologue explique à la cour que "c'est la seule fois où il a aperçu ce qui pouvait être une vie familiale". Il lui explique qu'il était "heureux", qu'il avait plaisir à "voir jouer les gamines". Sa relation avec sa compagne, avec laquelle il a emménagé le jour de leur rencontre, est fusionnelle. Dans ses relations, "l'autre est un objet de jouissance, pas un sujet, dont il joue ou déjoue au gré de ses pulsions". 
Berkane Makhlouf apparaît comme quelqu'un de narcissique, théâtral et mythomane. L'angoisse est "au centre de son existence", il est "dans l'incapacité de la canaliser" et cherche à la fuir, notamment en ayant recours à la drogue qui "peut lui procurer une brève et illusoire consistance". Parallèlement, "il veut toujours donner une bonne image de lui-même" et assure à la psychologue qu'il a "été piégé par sa compagne". Il dit s'être soumis au scénario qu'elle lui a alors qu'elle craignait de perdre les deux autres enfants (en mai 2013, elle est enceinte). Il a également expliqué avoir été "déstabilisé par le comportement de Cécile Bourgeon lors de la découverte du corps de Fiona sans vie". Selon lui, la mère de l'enfant dégageait à ce moment-ci "une certaine froideur". 

Cette relation particulière avec Cécile Bourgeon, telle qu'il la décrit, contraste avec une autre analyse de la psychologue qui voit en Berkane Makhlouf un homme "sûr de son pouvoir d'instrumentalisation de l'autre et qui laisse libre court à son sentiment de toute puissance". Un homme qui fait le "choix de personnalités fragiles qu'il peut avoir sous son emprise".
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