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Procès Fiona - Cécile Bourgeon accablée par deux anciennes amies

La dernière demi-journée de la première semaine du procès de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme n'a pas ménagé la mère de Fiona. Deux de ses anciennes amies ont apporté des témoignages qui n'ont pas valoriser son image.
Cécile Bourgeon lors de son procès devant les assises du Puy-de-Dôme en novembre 2016.
Cécile Bourgeon lors de son procès devant les assises du Puy-de-Dôme en novembre 2016. © Elisabeth de Pourquery
Les mots sont durs. Les deux femmes s'excusent presque de les tenir. Se sentant trahies par celles qu'elles ont longtemps considérée comme leur amie, elles ont tour à tour apporté un éclairage sur la personnalité de Cécile Bourgeon, et plus particulièrement sur l'évolution de sa relation avec sa fille, Fiona, jusqu'à la mort de l'enfant le 12 mai 2013.

Le portrait dressé par l'un et l'autre des témoins n'est pas flatteur pour l'accusée. "Cécile s'agaçait très vite avec Fiona", entend-on dans la salle d'audience du tribunal. En froid avec le père de la petite, Nicolas Chafoulais, Cécile Bourgeon ne supportait plus, selon les témoignages, la ressemblance de Fiona avec son géniteur. Une des deux femmes entendues vendredi après-midi rapporte des propos qu'elle aurait tenus quelques semaines avant sa disparition : "Fiona, elle ressemble beaucoup trop à son père, je ne l'aime plus".

Fiona, elle ressemble beaucoup trop à son père, je ne l'aime plus. - Un témoin


Les témoins ajoutent que, les dernières semaines, Cécile Bourgeon n'était pas affectueuse avec sa fille. "Il n'y avait pas de câlin, pas de bisou, et des propos de dénigrement". La mère trouvait que sa fille s'habillait comme "une clocharde". "C'est faux !", proteste-t-elle vigoureusement. Berkane Makhlouf confirme : "il n'y avait que des vêtements de marques, de bonne qualité". 

L'accusé, lui, a été moins accablé que son ancienne compagne. Si elle a été décrite par ses anciennes relations amicales comme "manipulatrice". Berkane Makhlouf est apparu aux yeux des deux témoins comme "très aimant avec les enfants". Il "s'occupait des petites comme de ses enfants. Même mon fils, qui est craintif, allait avec lui", précise l'une d'elle. Le souvenir d'un moment de fête est raconté devant la cour : "Il chantait, dansait, criait, jouait. Quand je lui ai dit de faire attention au bruit, il m'a dit - c'est l'anniversaire de Pépette !"

Est-ce que vous entendez aujourd'hui qu'on vous regarde, que vous intriguez et que vous êtes peut-être la seule responsable ? - Me Marie Grimaud à Cécile Bourgeon


Maître Marie Grimaud, avocate de l'association Innocence en Danger, prend la parole et s'adresse à la mère de Fiona. "Alors qu'au début de ce procès, les regards se concentraient sur M. Makhlouf, Est-ce que vous entendez aujourd'hui qu'on vous regarde, que vous intriguez et que vous êtes peut-être la seule responsable ?", demande l'avocate. Dans le box, Cécile Bourgeon s'emporte : "vous allez arrêter vos provocations, j'en ai ras-le-bol, ça me rend folle d'entendre tout ça. La petite je ne l'ai jamais frappée, j'en ai marre d'entendre votre cinéma".

Me Grimaud, d'une voix douce, apaisée mais ferme, explique qu'elle veut juste comprendre ce qui s'est passé, ce que représentaient ses filles pour elle. "Eva était épanouie et Fiona espiègle", répond Cécile Bourgeon quand l'avocate de la partie civile lui demande de décrire ses enfants. Cécile Bourgeon n'a pas pas fini : "Mon rêve c'est d'avoir une famille nombreuse. Je perds mon temps en prison. Dans ma vie de mère, de femme, de tout…"

De son côté, l'avocat de Cécile Bourgeon reproche au témoin d'avoir dit "tout et n'importe quoi" lors de ses différentes dépositions faites à la police, ajustant ses déclarations "en fonction du climat général". Me Renaud Portejoie met le témoin face à ses contradictions et finit par lui faire admettre qu'elle ne connaissait pas bien Cécile Bourgeon.  

Un nouveau récit dont le jury pourrait douter de la fiabilité qui vient après une série de témoins venus raconter leurs souvenirs du couple Makhlouf/Bourgeon évaporés avec le temps, parfois imprécis, hésitants. Un problème récurrent depuis le début de la semaine et qui vient troubler la quête de la vérité.

Et ce n'est pas un des derniers témoins entendues en fin de journée qui va éclairer les jurés dans leurs réflexion. Une amie proche de Cécile Bourgeon a fait la description d'une "bonne mère", relevant qu'elle avait changé de comportement après sa rencontre avec Berkane Makhlouf. Un homme qu'elle a alors suspecté de la battre. 
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