Puy-de-Dôme : pour ne plus dépendre des intermédiaires, cette ferme fait le pari de la vente directe

À la ferme des Lozamies, à Saint-Georges-de-Mons (Puy-de-Dôme), les associés ont choisi de ne plus dépendre des intermédiaires. Ils ont ouvert leur propre boutique et proposent, en vente directe, plus de 200 produits différents issus de leur élevage.

Elevage, transformation, vente : tout se fait sur place à la ferme des Lozamies (Puy-de-Dôme).
Elevage, transformation, vente : tout se fait sur place à la ferme des Lozamies (Puy-de-Dôme). © Stéphane Trentesaux / FTV

À Saint-Georges-de-Mons, dans le Puy-de-Dôme, la ferme des Lozamies a misé sur la vente directe, sur place. Un pari économique et un gros travail de réorganisation pour acquérir cette indépendance vis-à-vis des grandes surfaces et des grossistes.

« Je ne vois pas pourquoi on irait ailleurs »

Entre la boutique installée dans cette ferme bio et les ventes sur les marchés, une centaine de clients se fournissent chaque semaine aux Lozamies. Avec un panier moyen de 50 euros, répartis entre charcuterie, plats préparés et viande sous vide, les clients sont assurés d’une certaine qualité : « La viande est certes un peu plus chère qu’en grande surface, et encore, mais elle est surtout bien meilleure », confirme une cliente sur place. Derrière elle, un autre acheteur a trouvé son bonheur : « Quand c’est en direct comme ça, on sait d’où ça vient, et où c’est produit. Donc je ne vois pas pourquoi on irait ailleurs. »

Un investissement financier important

Construire le bâtiment où est transformée la viande a été un gros investissement pour la ferme, autour de 500 000 euros. Alors pour réduire les coûts, les associés évitent un maximum le recours aux fournisseurs. Ils produisent la quasi-totalité de la nourriture nécessaire à leurs animaux : « Le prix des aliments et des céréales en bio, c’est presque le double qu’en conventionnel, explique Laurent Barlot, associé à la ferme des Lozamies. Si on en achète beaucoup, il faut vendre nos produits bien plus chers au consommateur, mais ce n’est pas le but. » Les 120 vaches et les 150 cochons ne sont qu’à quelques dizaines de mètres du laboratoire où la viande est transformée, en charcuterie, plats cuisinés et conserves. Une vache, et trois à quatre cochons sont envoyés chaque semaine à l'abattoir pour assurer la continuité de la production.

« Un échange direct » entre le boucher et les éleveurs

Afin de valoriser toutes les parties des animaux, la ferme propose quelques 200 produits différents à la vente, tous fabriqués sur place. « L’avantage c’est que je peux voir comment sont nourris les cochons, si c’est trop, pas assez, s’il faut rajouter quelque chose dans l’alimentation, détaille Frédéric Cordoba, boucher à la ferme. Il y a un échange direct entre les éleveurs et moi. »

« Cela peut être transposable partout, à condition de se former »

En huit mois, depuis la transformation de la ferme, il a fallu investir, se réorganiser, et embaucher. L'effectif a doublé, pour atteindre aujourd’hui une dizaine d’employés. « Cela demande de maitriser une partie administrative, sanitaire. Il faut sortir du côté uniquement production, précise Damien Raynaud, associé à la ferme. Mais cela peut être transposable partout, à condition de former les gens en amont sur des systèmes comme celui-là. » L'exploitation espère un retour sur ses investissements dans les deux ou trois prochaines années.

 

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