Dans l’Allier, deux éleveurs incarnent une agriculture de demain, « raisonnée et raisonnable »

Au GAEC des Tilleuls, à Saint-Léopardin-d’Augy (Allier), Adeline et Tony élèvent chèvres et bovins depuis 2008. Création d'une fromagerie, développement de l'autonomie alimentaire, installation de panneaux solaires : ils symbolisent l'agriculture de demain.

Adeline Fabre et Tony Liège ont repris cette exploitation de l'Allier en 2008, et ne pratiquent pas une agriculture bio mais "raisonnée".
Adeline Fabre et Tony Liège ont repris cette exploitation de l'Allier en 2008, et ne pratiquent pas une agriculture bio mais "raisonnée". © S.Vinot/FTV

Produire de façon raisonnée, tel est l’objectif d’Adeline Fabre et Tony Liège au GAEC des Tilleuls, dans l’Allier. Les deux éleveurs de chèvres et de vaches charolaises souhaitent mettre à profit des innovations écologiques sans en devenir prisonniers.

« L’opportunité d’aller chercher dans tous les types d’exploitations »

Dans leur exploitation, Tony et sa compagne, Adeline, essaient de suivre les évolutions du monde agricole sans remettre en cause toute leur manière de travailler. Avec leurs 700 animaux, les éleveurs continuent à voir grand, avant même de penser à devenir bio. « Je ne veux pas bloquer mon outil de production, je veux me laisser la libre opportunité d’aller chercher dans les différents types d’exploitations agricoles ce qui me convient, explique Tony Liège. Nous cherchons un mélange de raisonné et de raisonnable. » Pour lui, cela signifie faire attention, mais pas tout abandonner : « Je ne renonce pas à me soigner quand je suis malade. Quand j’ai une angine, je ne me mets pas un petit pansement sur la gorge : j’ai recours, si besoin, à un anti-inflammatoire et un antibiotique. Pour mes plantes, c’est pareil. » L’objectif de l'éleveur est de garder un bon rythme de production : « Une plante qui est malade, c’est une plante qui ne produit pas. Nous pouvons avoir recours à des bio-contrôles, mais il y a des moments où cela ne fonctionne pas, donc nous utilisons des produits phytosanitaires. »

Une conscience écologique tout de même

Les idées vertes sont bien arrivées jusque dans cette ferme « conventionnelle », où l’idée d’autonomie a fait son chemin : « Pour faire venir n’importe quel produit, que ce soit pour l’alimentation humaine ou l’alimentation animale, à partir du moment où l’on commence à faire des kilomètres sur la route, notre bilan carbone est mauvais. D’où notre volonté, depuis décembre de nous former en HVE (exploitation à Haute valeur environnementale) », nuance l’éleveur. Sur le toit des bâtiments agricoles, aussi, les panneaux photovoltaïques fleurissent. « Il faut profiter des outils que l’on met à notre disposition, ajoute-t-il. Est-ce que le panneau photovoltaïque est plus écologique que le reste ? Nous verrons cela dans quelques années. Mais aujourd’hui, c’est un levier économique. »
Adeline Fabre, elle, a ouvert il y a six mois une fromagerie directement sur place, pour transformer le lait de ses chèvres. « Nous avons décidé de développer la vente directe et la fromagerie, pour répondre à une demande, être en lien avec les consommateurs, explique-t-elle. Et aussi diversifier notre exploitation et proposer directement des produits aux consommateurs, ne plus avoir d'intermédiaires. » L’éleveuse a développé une quarantaine de fromages différents dans son laboratoire. Elle fournit particuliers et professionnels, qui viennent chercher les produits directement à la ferme.
Le couple d’éleveurs, avec toutes ces innovations, espère voir ses efforts récompensés d'ici 3 à 5 ans par de meilleurs revenus et surtout une meilleure qualité de vie.

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