Puy-de-Dôme : pourquoi près d’une centaine d’ex-salariés de la Seita de Riom était aux prud’hommes

Une audience du Conseil de prud'hommes a eu lieu mercredi 20 novembre à la Cour d'appel de Riom, au sujet des licenciement des salariés de la Seita. / © Alexandre Rozga / France 3 Auvergne
Une audience du Conseil de prud'hommes a eu lieu mercredi 20 novembre à la Cour d'appel de Riom, au sujet des licenciement des salariés de la Seita. / © Alexandre Rozga / France 3 Auvergne

Mercredi 20 novembre, une audience du Conseil de prud’hommes a eu lieu à la Cour d’appel de Riom, près de Clermont-Ferrand. Une centaine d'ex-salariés de la Seita de Riom, fermée en 2017 par le Groupe Imperial Tobacco, demande des indemnisations.
 

Par C. L avec Alexandre Rozga

Mercredi 20 novembre, en raison du grand nombre de dossiers à traiter, une audience du Conseil de prud’hommes s’est tenue à la Cour d’appel de Riom, près de Clermont-Ferrand. Après plus de 3 heures d'audience les ex-salariés licenciés de la Seita ont quitté la salle sans faire de commentaire, mais avec un triste anniversaire en tête. Le 29 novembre 2016 Imperial Tobacco annonçait la fermeture du site de la Seita de Riom, fleuron de l'industrie du tabac en France.

Un motif économique mis en avant

Pour justifier la délocalisation de l'activité et les 239 suppressions d'emplois, la direction avait invoqué la baisse durable de la consommation en Europe, la chute de ses volumes de ventes et le durcissement des lois anti-tabac. Cet argumentaire a été mis à mal par les avocats des salariés. Me Jean-Louis Borie explique: « La décision de fermeture du site de Riom est très claire. Il s’agit d’augmenter les dividendes des actionnaires. A partir de là il faut transférer, notamment en Pologne, où l’impôt est à 19% au lieu de 30%, une partie de l’activité. Après on va nous brandir toute une théorie sur la menace de la compétitivité, c’est la tarte à la crème, j’allais dire, des motifs de licenciement. Cette compétitivité du groupe Imperial Tobacco n’était pas menacée ».

Le problème de l'absence réelle de reclassement

Sur les 95 demandes en indemnisation, 77 se réfèrent aux licenciements abusifs,  les autres concernent des rappels de primes et l'absence réelle de reclassement. Me Sonia Signoret, avocate des salariés, souligne : « L’employeur, la Seita, se devait de faire du reclassement avant de notifier les licenciements économiques. On s’est rendu compte qu’elle avait fait des propositions identiques à tout le monde, à plus de 90 personnes alors qu’en réalité, il y avait 6-7 postes de disponibles. Cela fait que les gens, même s’ils ont accepté, ils ont été licenciés alors qu’ils étaient prêts à se déplacer au Havre ». L'avocat de la Seita n'a pas souhaité s'exprimer. Les préjudices subis par dossier sont évalués à plusieurs dizaines de milliers d'euros. La décision des prud'hommes est mise en délibérée au 17 juin prochain.

Sur le même sujet

Les + Lus