Salon de l’agriculture: homéopathie, massage et psychologie animale, la 3è voie de l’élevage.

Pour Bruno Gourdon, les antibiotiques sont un ultime recours / © Bruno Gourdo
Pour Bruno Gourdon, les antibiotiques sont un ultime recours / © Bruno Gourdo

Bruno Gourdon soigne les 85 vaches de son exploitation du Puy-de-Dôme avec des granules. Ils les manipule et sait les regarder. Une démarche reconnue comme efficace qui lui permet de vendre son lait en bio. Et si les méthodes douces ouvraient la voie à l'élevage de demain

Par Frédérique-marie Lamouret

Quand il déambule entre ses vaches, avec sa mallette plein de petites tubes multicolores on a du mal à croire que Bruno Gourdon va soigner les 85 têtes (dont 45 laitières) de son exploitation située à Laqueuille dans le Puy de Dôme, située à 1000 mètres d’altitudes. Pourtant c’est avec ces précieuses granules blanches  qu’il fait des miracles et vend son lait pour des produits bio.
Pour cet éleveur, au départ conventionnel tout est arrivé un matin de 2009. « Je me suis retrouvé au milieu d’un champs en plein crise avec la grande distribution  en compagnie d’autres éleveurs en colère en train de répandre mon lait ; j’ai eu le déclic …

soit j’arrêtais, soit j’ « élevais »  autrement. En tout cas  je ne pouvais pas continuer comme ça.


Et si l’homéopathie remplaçait les antibiotiques? C’est le pari de Bruno Gourdon et d’autres pionniers du groupement « Eleveur Autrement ».
Le regard clair et la parole engagée, Bruno Gourdon approche les vaches avec la même détermination.  Au Salon de l’Agriculture 2018, sa main à quelques centimètres de la robe fauve d’une vache Aubrac de plusieurs centaines de kilos, il ausculte et parcourt chaque centimètre de sa colonne vertébrale. Du bout des doigts, comme un sourcier, il capte les énergies et repère les vertèbres déplacées.

Beaucoup moins cher que les antibios

D’un geste précis, il détend les muscles et remet chaque vertèbre à sa place. Un geste thérapeutique beaucoup plus efficace et moins cher que les antibiotiques et, semble t'il, avec les mêmes effets : redonner au corps sa capacité à se guérir seul. «  Les vaches sont des animaux massifs qui se déplacent souvent des vertèbres. Hors, la colonne vertébrale est essentielle dans la transmission des informations entre le cerveau et les organes. Si une vertèbre est déplacée, si un nerf est coincé, un organe malade ne peut plus prévenir le cerveau. Si l’info ne circule plus, la capacité naturelle du cerveau à réparer le corps est rompue. Sans ce message, il ne va pas envoyer de globules blancs où il faut pour l’aider à guérir… Quand on a oublie ce fonctionnement du corps, on va au plus simple, on a recours aux antibios. »

Le web 2.0 aussi

Bruno Gourdon utilise donc les antibiotiques en dernier recours. Pour compléter cet arsenal de méthodes douces, avec les éleveurs du groupement « Eleveur Autrement » et un vétérinaire formé à l’Ecole d’homéopathie de Liège, il a développé un logiciel. L’application lui permet de soigner ses vaches en fonction de leur caractère, de leur fragilité spécifique et de leurs symptômes. « C'est d’une précision extrême. Aujourd’hui, si 10 personnes ont la grippe, on va leur donner 10 fois la même ordonnance. Avec l’homéopathie il est possible d'être beaucoup plus précis. Pour un même symptôme -par exemple une inflammation d’un membre- nous avons plusieurs réponses, en fonction des symptômes associés et de la nature de l'animal malade. »

L’observation est aussi très importante. « Une inflammation au postérieur n’a pas la même signification, qu’une inflammation au postérieur gauche ou à un antérieur…  Pour le même symptôme -l’inflammation- les réponses homéopathiques seront différentes selon la localisation ».

souvent, comme pour les humains, les pathologies sont reliées à l'histoire génétique et émotionnel de la mère et du père… 


Avec ces méthodes,  Bruno et les autres éleveurs de l’Association, ont réussi à repoussé le recours aux antibiotiques. 4 % des cas seulement. Des résultats prometteurs mais qui pour le moment ne s’appuient que sur leurs observations. Alors pour sortir de l’empirisme, ils se sont associés avec une école d’ingénieur de Clermont- Ferrand, VetAgro Sup, et une ferme de cette région. Ils vont étudier l’impact de leurs pratiques sur un écosystème agricole et le vérifier scientifiquement avec des mesures des analyses, des prises de sang

Ces méthodes, il les transmet aussi à son fils, Loïc,  en Seconde Professionnelle au lycée agricole de Gelles dans le Puy de Dôme. Comme les autres éleveurs, il l’accompagne sur le long terme pour insuffler cette nouvelle énergie et donner envie d’inventer cette fameuse troisième voie….

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