Quand les rues célèbrent les femmes à Saint-Martin-d'Hères, Isère

Au niveau national, seulement 2% des rues portent les noms de femmes célèbres! La commune de Saint-Martin-d'Hères, en Isère, fait figure d'exception avec des patronymes de militantes féministes, d'artistes ou d'activistes politiques... à chaque coin de rue. Zoom sur 5 d'entre elles. 

Par Aurore Trespeux

Si dans l'agglo de Grenoble, Stendhal, Jules Vallès et les autres monopolisent les plaques de rues, où sont les femmes? Direction Saint-Martin-d'Hères pour les voir honorées. Néanmoins, leur nom ne suffit pas toujours à les reconnaître. De la militante féministe à l'auteure, elles ont compté mais restent souvent méconnues.

Reportage Grégory Lespinasse et Gilles Ragris
Les rues célèbrent les femmes à St-Martin d'Hères
Intervenants: Jacqueline Brenier; Association Plum'lire, ancienne adjointe à la mairie de St-Martin-d'Hères, Laurence Ramon; Responsable patrimoine médiathèque Paul Langevin (Saint-Martin-d'Hères)

Olympe de Gouge



Figure de la révolution française, cette femme de lettres est morte décapitée pour ses idées. L'écrit le plus célèbre de cette militante féministe est la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne datée de septembre 1791. L'une des affirmations les plus marquantes de ce manifeste adressé à Marie-Antoinette restera "la femme naît et demeure égale à l’homme en droits".

Bien placée à Saint-Martin-d'Hères, elle côtoie à un carrefour Simone de Beauvoir.

Simone de Beauvoir



Connue pour son célèbre ouvrage le Deuxième Sexe, "l'amour nécessaire" de Jean-Paul Sartre s'est toujours impliquée politiquement pour faire évoluer la cause féminine. C'est elle qui rédige en 1971 la célèbre pétition réclamant la mise en place du droit à l'avortement en France: "Voici le manifeste des 343 salopes qui ont le courage de dire "Je me suis fait avorter". Quatre ans plus tard, la loi Veil dépénalise l'IVG.

Lorsqu'on traverse la rue à ce carrefour, on rencontre Rosa Parks.

Rosa Parks



Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, fatiguée par la répression que subissent les noirs dans le Sud des Etats-Unis, refuse de céder sa place dans un bus de l'Alabama à un homme blanc. Arrêtée par la police et condamnée à une amende de 15 dollars, elle fait appel. Le jour de son procès un mouvement de boycott des bus est lancé par Martin Luther King, pour la soutenir. A 42 ans, elle devient le symbole de la lutte contre la ségrégation.

Lorsqu'on est dans sa rue, il suffit de faire quelques pas pour rejoindre ensuite Elise Grappe sur son avenue.

Elise Grappe


© Assemblée Nationale
© Assemblée Nationale


Cette femme politique communiste originaire du Dauphiné est la première iséroise à siéger à l'Assemblée nationale, en 1951. Cinq ans plus tard les élections législatives la reconduisent dans ses fonctions. Elle endosse alors le rôle de membre suppléant de la Commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence. En parallèle elle poursuit son combat pour la cause féminine démarré à la fin de la seconde Guerre Mondiale, en tant secrétaire générale de l'Union des Femmes Françaises.

Son avenue permet de rejoindre plusieurs autres femmes célèbres comme la Pasionaria.

Dolores Ibárruri, la Pasionaria



Cette femme politique espagnole est surtout connue pour avoir scandé le célèbre slogan des républicains espagnols: "No pasarán". Elle prononça ces mots, déclencheurs de la guerre civile, au balcon du ministère de l'intérieur au moment de l'offensive franciste contre Madrid. Figure du communisme, elle occupa le poste de député après la mort de Franco. 

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