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Radicalisation islamiste: la situation en Isère, Savoie et Haute-Savoie

Alors que la gendarmerie a encore mené 9 perquisitions dans les Alpes du nord, dans la nuit du 18 au 19 novembre, on est tenté de penser que si les militaires cherchent quelque chose, c'est qu'ils ont de bonnes raisons. Un rapport parlementaire évoque en effet de nombreux foyers de radicalisation. 
© France 3 Alpes
Six régions sont particulièrement touchées par les départs en Syrie, d'après le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la surveillance des filières et des individus djihadistes, publié le 2 juin 2015: Île-de-France, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.

L'actuelle région Rhône-Alpes compte des départements très concernés par la radicalisation islamiste. L'Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT), rattachée au ministère de l'Intérieur, a compilé les chiffres des signalements de comportements dangereux et liés à une radicalisation. Ces signalements émanent des cellules de surveillance mises en places dans les préfectures, ainsi que des appels lancés sur la plate-forme téléphonique nationale mise à la disposition des familles confrontées au phénomène.

Ces signalements ont été faits entre avril 2014 et mai 2015, face à la multiplication des candidats au départ pour le djihad en Syrie. Bilan, 67 signalements en Isère; 72 en Savoie; 77 en Haute-Savoie. 

Tous les appels ne sont pas pris en compte. Seuls sont retenus ceux qui visent un individu "aux signes objectifs" de radicalisation et dont l'implication dans une filière djihadiste est potentielle ou avérée.

La carte de la radicalisation - cliquez sur le département pour connaître le nombre de signalements

Depuis janvier dernier, de nombreuses familles, y compris d'origine maghrébine, ont contacté les autorités, "pour sauver leur enfant et la société", fait remarquer le rapport parlementaire. Ce sont majoritairement les familles des individus en voie de radicalisation qui appellent le centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation (56,2%). Les appels proviennent de manière très logique, du père ou de la mère de l'individu concerné. 

En Haute-Savoie, un groupe de parole est déjà opérationnel pour ces familles.
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