Déconfinement : Le cri d'alarme des discothèques qui ne peuvent toujours pas rouvrir leurs portes

Bar, restaurant, cinéma...oui. Mais discothèque, non ! Ces établissements sont parmi les derniers en France à ne pas avoir pu rouvrir depuis le déconfinement. Les gérants de boîte de nuit n'en peuvent plus. Exemple à Pusignan, dans le Rhône.
Les discothèques, fermées depuis la mi-mars, ne peuvent toujours pas rouvrir.
Les discothèques, fermées depuis la mi-mars, ne peuvent toujours pas rouvrir. © Gaujard Christelle / MaxPPP
Rangés les cotillons, éteintes les boules à facettes et autres projecteurs, les boîtes de nuit n'ont toujours pas l'autorisation de rouvrir. Les gérants d'établissements sont en colère face aux nombreuses incohérences de cette interdiction, mais surtout ils sont très inquiets pour la survie de leur activité.

"C'est désespérément vide, ça nous remplit de chagrin, de tristesse et de rage". Pierre-Yves Luboz, propriétaire du Drungly Club à Pusignan dans le Rhône n'a jamais connu de fermeture administrative en 49 ans d'existence, sa trentaine de salariés est au chômage partiel. "On ne pouvait même pas imaginer que l'on soit contraint d'être fermé et c'est pire en voyant les gens s'amuser en dehors de chez nous." 

"On empêchera jamais les gens de danser"

Pierre-Yves Luboz ne décolère pas, il estime que certains établissements contournent les interdictions "d'autres professionnels ou non professionnels nous volent notre clientèle en faisant danser les gens car on empêchera jamais les gens de danser et de s'amuser. C'est injuste". Injuste car les bars et restaurants festifs, eux, ont pu rouvrir et se transforment parfois en discothèques improvisées. Soirées privées sans masque, ni distanciation se multiplient elles aussi.
Une interdiction d'autant plus difficile à accepter pour ce gérant qui possède une terrasse en plein air de 1000 m2 tout à fait exploitable mais impossible à rouvrir au seul motif que son établissement est labellisé piste de danse.

Une économie en péril

100 000 emplois directs et 50 000 indirects seraient menacés en France (Source UMIH). Toute l'économie de la nuit est en péril. Les syndicats ont rendez-vous vendredi 23 juillet au ministère des Finances, ils réclament 200 millions d'euros d'aides immédiates pour couvrir les charges fixes, et bien sur la réouverture des établissements.

Par ailleurs, les professionnels de la nuit proposent une mesure phare pour assurer la sécurité sanitaire de leurs clients : la suppression de la piste de danse. Selon Thierry Fontaine, le président d'UMIH, principal syndicat des établissements de nuit, "On voit beaucoup de discothèques en France et ailleurs fonctionner sans piste de danse. Quand on est dans une discothèque traditionnelle, on se rend compte que dans les carrés VIP, les gens qui y sont ne quittent jamais leur table. Nous, ce qu'on propose c'est de généraliser ça. Les gens resteraient par groupe de 10 maxi toute la soirée et quand ils quitteraient cet espace, ils remettraient leur masque."

Pour l'heure, aucune date de réouverture des discothèques n'est avancée.
 
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