A Lyon, les commerçants redoutent un nouveau confinement le week-end dès le 6 mars : "on est dans la crainte"

Y-aura-t-il un confinement partiel à Lyon, dans le Rhône et la Drôme chaque week-end à partir du 6 mars ? C'est ce qu'a suggéré le Premier ministre Jean Castex hier. Les commerçants redoutent cette éventualité: "C'est une sanction très difficile".

Les commerces de Lyon, comme dans la Drôme, vont-ils devoir tous fermer le rideau chaque samedi, à partir du 6 mars? Image d'archives.
Les commerces de Lyon, comme dans la Drôme, vont-ils devoir tous fermer le rideau chaque samedi, à partir du 6 mars? Image d'archives. © FTV

Les commerces de Lyon, comme dans la Drôme, vont-ils devoir tous fermer le rideau chaque samedi, à partir du 6 mars prochain?

Le Premier ministre a annoncé hier que les départements du Rhône et de la Drôme étaient dorénavant placés sous "surveillance renforcée" à cause des mauvais chiffres de l'épidémie de coronavirus. Jean Castex a demandé aux préfets concernés de lancer une concertation avec les élus, pour "envisager des mesures proches du confinement le week-end dans tout ou partie de ces territoires", à l'image de ce qui a été décidé à Dunkerque et Nice.

"On est dans la crainte"

Cette petite phrase fait bondir tous les commerçants que nous avons interrogés, à commencer par Clément Chevalier, directeur de My Presqu'Ile, l'association qui regroupe 1 500 commerces du centre de Lyon : "Ce n'est pas une bonne nouvelle, on redoute un confinement. On est dans la crainte. Les stop and go, au point de vue économique, c'est très compliqué. Il y a de gros chiffres d'affaires le samedi, donc ça va être très compliqué. Notre clientèle revient un peu avec les fermetures de centres commerciaux. Nous on plaide pour maintenir la ligne actuelle.

Selon ce commerçant, le chiffre d'affaires serait déjà de 15 à 20% inférieur à celui de l'an dernier dans les boutiques. Et le manque à gagner le soir après 18h serait déjà très important, les horaires de fin de journée étant essentiels pour les boutiques de centre-ville: "les charges, elles, continuent de courir. Surtout que certains bailleurs ne jouent vraiment pas le jeu. On a trouvé un certain équilibre, car les clients sont moins partis en vacances, la prolongation des soldes, ça a donné de bons retours par rapport à l'an dernier. Mais si on repart dans des fermetures, ça va être très dur à encaisser. Il n'y a déjà plus de tourisme, ça fait aussi une baisse du chiffre d'affaire. On n'est vraiment pas favorables !"

Selon lui, les commerçants réalisent tous un gros chiffre d'affaires le week-end: "Ils jouent le jeu, et les clients aussi. On n'a aucune étude scientifique qui révèle des contaminations dans les petits commerces. C'est une sanction très difficile."

"C'est catastrophique, de toute façon"

"Je suis un peu blasée" nous avoue Kelly Ingargiola, gérante de la boutique "Perryon 1884" qui vend de la papeterie de luxe et des stylos haut de gamme: "C'est à se demander quand ils vont nous pousser à baisser le rideau. Les ventes ne sont pas au beau fixe. Un nouveau confinement partiel, ça va sonner le glas de nombreuses boutiques. Le samedi, c'est vital pour les entreprises.

Pour cette commerçante, "avant, on pouvait faire la moitié de notre chiffre d'affaire ce jour-là. C'est un peu moins vrai en ce moment, mais ça reste une très grosse journée. Ça va faire mal."

Le comportement des clients est observé à la loupe par les commerçants. Pour Kelly, "ça peut limiter les achats les autres jours aussi. On sent bien que moralement, les gens sont très impactés par le climat actuel. Si on ferme le samedi, beaucoup ne viendront pas du tout." Elle veut rester optimiste: "l'activité reprendra quand tout redeviendra normal.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société confinement économie polémique