Le 31 août 2019, un homme armé d’un couteau sème la terreur à la station Laurent Bonnevay de Villeurbanne. Il agresse alors des passants, tue un homme de 19 ans et en blesse 8 autres. Ce geste était-il délibéré ? Ou l’homme souffre-t-il de troubles psychiatriques ? Aujourd’hui, la chambre de l’instruction de la cours d’appel de Lyon a dû statuer sur son irresponsabilité pénale.
Ils sont plusieurs parties civiles à avoir fait le déplacement à la cours d’appel de Lyon aujourd’hui. Parmi eux, la famille de Thimoty Bonnet, poignardé mortellement en août 2019 par un réfugié Afghan de 33 ans, Sultan Mohamed Niazi.
« Tous les soirs je le revois me courir après »
Il y a également Nicolas Munoz, présent ce 31 août 2019 avec ses 3 enfants. « La seule chose que moi personnellement j’attends, c’est qu’il soit reconnu responsable et donc qu’il y ait un vrai procès pénal explique-t-il. (…) Il est responsable de ses actes, il a choisi de commettre ces actes. Il a aussi dit qu’il ne se souvenait pas. Moi par contre je m’en souviens extrêmement bien. Tous les soirs je le revois me courir après, essayer de me tuer, essayer de tuer mes enfants. Je le revois agresser les femmes, les hommes sur son chemin. Il ne le faisait pas au hasard. Il y avait une vraie volonté derrière de tuer.»
Jacqueline Courvoisier était présente à Villeurbanne ce 31 août. Elle est venue pour essayer d’apaiser son traumatisme. « Je suis venue spécialement pour savoir ce qu’il en est, pour pouvoir dépasser tous ces évènements parce qu’il m’a bien tailladé et coupé le nerf optique droit, donc j’ai des problèmes d’équilibre. »
« Quand on hallucine, quand on s’invente une réalité, on ne peut pas être jugé pénalement responsable »
Mais pour Thibaud Claus, l’avocat de la défense, on ne peut pas juger les malades mentaux devant une cours d’assise. « Moi, j‘en suis le témoin presque quotidien de cette schizophrénie profonde, disons les choses. Et ce qui aujourd’hui juridiquement permet de statuer dans ce sens c’est 4 expertises psychiatriques parce que il a vu jusqu’à 6 psychiatres dans le cadre de ce dossier et tous disent qu’il a une perte d’encrage dans la réalité. Quand on hallucine, quand on s’invente une réalité on ne peut pas être jugé pénalement responsable. On n’est plus en contrôle de ses actes. Et si on est pas en contrôle de ses actes dû à une maladie mentale, et bien dans une démocratie on ne peut pas être jugé pénalement.»
Pendant l’enquête, Sultan Mohamed Niazi raconte avoir entendu des voix lui demander de ‘’tuer l’indien’’. Les différents experts psychiatres qui ont rencontré le mise en cause parlent d’une abolition du discernement au moment des faits. L'homme souffre d'une schizophrénie paranoïde et d'un délire de persécution. En septembre dernier dans son réquisitoire définitif, le parquet estimait que l’auteur de cette attaque devait être reconnu irresponsable pénalement, en raison de l’abolition de son discernement. Aujourd’hui, devant, la chambre de l’instruction de la cours d’appel de Lyon, l’avocat général a requis l’irresponsabilité pénale, et que soit ordonnée une hospitalisation sous contrainte en unité pour malade difficiles. La décision sera rendue le 29 mars.