Canicule à Lyon : jusqu'à 4°C de différence entre le Vieux-Lyon et Part-Dieu, une question de densité urbaine

Publié le Mis à jour le
Écrit par D.Mazzola (avec France 2)

Durant les épisodes caniculaires, les villes se transforment en fournaises. Lyon n'échappe pas à la règle malgré la présence rafraichissante de ses deux fleuves. Même si la chaleur se fait sentir partout en ville, des écarts de température existent d'une rue à l'autre. Comment expliquer ce phénomène et comment y remédier ?

Depuis lundi 13 juin, la France connaît une  vague de chaleur. Des records de température sont attendus pour un mois de juin. Les températures sont dignes d'un mois d'août. Durant ces épisodes caniculaires, les villes surchauffent et se transforment en fournaises. La ville de Lyon n'échappe pas à la règle. Pour permettre aux habitants de supporter les effets de la canicule, les horaires d'ouverture des parcs et jardins ont même été étendus. Mais comment expliquer que toute la ville ne soit pas logée à la même enseigne, que la sensation de chaleur soit plus importante selon les quartiers ?

Cartographie thermique de Lyon

Dans les grandes villes comme Lyon, la température ressentie d'une rue à l'autre n'est pas toujours la même. Un phénomène de surchauffe urbaine observé lorsque la température de l'air diffère entre un lieu plus frais et un lieu plus chaud dans une même ville.

A Lyon, des scientifiques ont établi une cartographie thermique. Ils ont mis en évidence ses points chauds. Entre l'est et l'ouest de la capitale des Gaules, on note jusqu'à 4 degrés de différence entre l'ouest et l'est de la ville. La densité des constructions accentue la sensation de fournaise.

En milieu de journée, dans les rues pavées du Vieux-Lyon, une température de 33 °C a été enregistrée. Mais à l'ouest de la ville, dans le quartier de la Part-Dieu, il faisait 37,5°C. "Ça chauffe par-dessus et par-dessous. On a l'impression que la chaleur remonte des pieds", confie un passant. 

Cet îlot de chaleur est propre aux villes qui comportent des gratte-ciels. L'air ne circule pas, l'ombre est rare et les bâtiments réverbèrent la chaleur. Des chercheurs veulent corriger ces erreurs.

Contre les îlots de chaleur : quel est le quartier idéal ?

Comment rafraîchir les bâtiments et l'atmosphère de nos villes ? "Le quartier idéal, c'est un quartier à l'ancienne, les quartiers de nos grands-parents. Ce sont des petits quartiers avec du désordre de hauteurs de bâtiments, les uns par rapport aux autres. Mais aussi avec de la distance entre eux", explique Roland Pellenq, Directeur de recherche en physique urbaine du CNRS. 

Au sud de Lyon, dans le quartier de la Confluence, on essaie de mettre en pratique ces recommandations. En apparence, ce secteur du 2e arrondissement a l'air aussi moderne que les autres. Mais ici, certains lotissements sont innovants, pensés pour atténuer les effets de la chaleur. 

"La première chose est de libérer le sol de toute construction. Sous nos pieds, pas de parking, ce qui permet à l'eau de ruisseler, ce qui permet le développement de la végétation", résume Maxime Valentin,
Directeur innovation et développement durable de la Société publique locale - Lyon Confluence. 

L'heure est donc aux espaces urbains conçus pour rendre les épisodes de canicule plus supportables. Pour cela, les constructions sont réalisées avec des matériaux d'antan. Certains bâtiments sont conçus en terre crue. Une technique d'isolation qui date du 13e siècle. "C'est un mur qui respire, qui va pouvoir stocker de l'humidité et la relâcher quand c'est nécessaire", ajoute Maxime Valentin.

Ces constructions sont vertueuses mais plus coûteuses qu'un lotissement classique, de 10 à 15% plus cher.

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