Coronavirus : le brasseur régional Ninkasi reprend ses bières "confinées" avant qu'elles ne perdent leur saveur

Le brasseur régional Ninkasi a décidé de racheter les stocks de bières en attente chez ses clients avant qu'ils prennent un mauvais goût de confinement. Une opération de solidarité et de préservation de son image de marque artisanale.

Face au risque d’atténuation des arômes et des saveurs, il s'agit de préserver la qualité naturelle et fraîche de ses bières qui ne sont pas pasteurisées et ne doivent pas aller au-delà de trois mois de stockage.
Face au risque d’atténuation des arômes et des saveurs, il s'agit de préserver la qualité naturelle et fraîche de ses bières qui ne sont pas pasteurisées et ne doivent pas aller au-delà de trois mois de stockage. © Photo Ninkasi
Le brasseur régional Ninkasi reprend ses bières "confinées" depuis le 17 mars dernier, avant qu'elles ne perdent leur saveur.

Pas de réouverture prochaine pour les bars restaurants, salles de concerts et autres lieux accueillant du public, le brasseur régional Ninkasi a donc décidé de racheter les stocks de bières en attente chez ses clients avant qu'ils prennent un mauvais goût de confinement. Une opération de solidarité et de préservation de son image de marque artisanale.


La marque Ninkasi vient d'annoncer la décision de "reprendre à sa charge, unilatéralement, la totalité des stocks de fûts de bière de sa marque confinés dans les entrepôts et les établissements de ses clients CHR (cafés hôtels et restaurants) quelle que soit leur date limite d'utilisation optimale."
Face au risque d’atténuation des arômes et des saveurs, il s'agit de préserver la qualité naturelle et fraîche de ses bières qui ne sont pas pasteurisées et ne doivent pas aller au-delà de trois mois de stockage.

"Cela représente quelques 4000 fûts de 30 litres" estime David Hubert, le directeur de la Fabrique, la brasserie basée à Tarare dans le Rhône, qui doivent être récupérés et, boisson alcoolisée oblige, seront détruits sous le contrôle des douanes.
Actuellement la Fabrique tourne au ralenti, 6 des 14 salariés sont en chômage partiel. Il ne sort plus de la brasserie que des bouteilles pour la vente en ligne ou dans la grande distribution, soit une production réduite de moitié.
 

Nous sommes en mode survie - ajoute David Hubert - nous travaillons beaucoup avec l'évènementiel aujourd'hui à l'arrêt et la bière de printemps n'a pas été mise sur le marché.

 

200 000 euros de perte supplémentaire

Le coût de cette opération de reprise des fûts est évalué à 200 000 euros. "C'est compliqué de se rajouter une telle perte supplémentaire" déclare Christophe Fargier le directeur fondateur du Ninkasi.
 

On perd déjà 10 00 euros par jour mais il faut être en cohérence avec nos valeurs de solidarité et d'écosystème, cela renforcera sans doute la confiance de nos partenaires et distributeurs Christophe Fargier le directeur fondateur du Ninkasi.


Fondé en 1997 sur le concept "bières, burgers, musique" l'enseigne est à la tête de 19 établissements dans la région lyonnaise et emploie 300 personnes (dont 90% aujourd'hui en chômage partiel) pour un chiffre d'affaire annuel de 28,6 millions d'euros.

Pour limiter la casse et soutenir son réseau de producteurs locaux, notamment de pain et salade, la direction a également décidé de reprendre la production de burgers et frites maison dans ses établissement de Lyon Guillotière et Sans Souci.
Ils proposent désormais de la livraison à domicile ou à emporter (commande en ligne "click n collect"). Cette réouverture en mode dégradé concernera progressivement l'ensemble des restaurants de l'enseigne.
 

Un développement compromis


"Nous sommes très inquiets de l'impact de la crise sanitaire sur la santé de notre entreprise" explique Christophe Fargier.
 

Le dernier franchisé avait ouvert à Villefranche-sur-Saône en février dernier, quelques semaines seulement avant le début du confinement, le chantier à Dijon est à l'arrêt tout comme celui de l'OL Parc à Décines dont l'ouverture prévue en novembre sera vraisemblablement reportée à 2021. Nous allons sortir de la crise avec des boulets aux pieds et nous ne savons pas si nous pourrons maintenir une stratégie de développement.


Le rêve de la petite entreprise lyonnaise de sortir de ses frontières régionales pour conquérir Paris est bien malade.
 
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