Coronavirus - COVID 19 : une élève de l'IRA de Lyon reprend sa blouse d'infirmière

Claire est élève attachée à l'IRA de Lyon. Ancienne infirmière, elle a décidé de reprendre du service dans un hôpital du Rhône pour prêter main-forte aux soignants. Le goût du service public au temps du coronavirus ... 
Claire, une héroïne masquée parmi d'autres... l'élève de l'IRA de Lyon a repris sa blouse d'infirmière pour aider les soignants dans leur lutte contre le coronavirus 6/4/20
Claire, une héroïne masquée parmi d'autres... l'élève de l'IRA de Lyon a repris sa blouse d'infirmière pour aider les soignants dans leur lutte contre le coronavirus 6/4/20 © DR
Claire est élève au sein de l'IRA (Institut Régional d'Administration) de Lyon depuis mars dernier. Son engagement auprès de l'hôpital de Villefranche-sur-Saône commence ce lundi soir et devrait durer tout le temps de la crise sanitaire. Sitôt les cours suspendus en raison de la crise sanitaire et du confinement, cette ancienne infirmière a décidé de reprendre du service. La jeune femme était d'ailleurs déjà inscrite sur les listes de la réserve sanitaire. C'est elle qui a spontanément proposé ses services à l'hôpital le plus proche de son lieu de résidence... proposition d'aide acceptée et surtout validée par son Institut. 

Le service public... vocation des élèves de l'IRA


L'IRA de Lyon a signé une convention avec l'hôpital afin de permettre à la jeune femme de prêter main forte, bénévolement au personnel soignant. Claire continue ainsi à être payée par son école. "L'Institut a proposé à des administrations, des préfectures, de mettre à disposition des élèves. Nous avons actuellement 16 élèves qui bénéficient de ces conventions, et bientôt 17. Mais Claire V. est actuellement la seule dans ce cas," a indiqué le directeur de l'IRA de Lyon, Pierre-Henri Vray. Le service public est dans l'ADN de ces instituts. Quant à la démarche de Claire , elle s'inscrit dans la "culture" de l'IRA de Lyon.

"C'est une belle démarche d'engagement citoyen au service de l'intérêt général," pour Pierre-Henri Vray. Mais le directeur de l'IRA de Lyon tient à souligner que les engagements de TOUS les élèves sont faits sur la base du volontariat. Des démarches qui ne sont pas impulsées par l'Institut mais qui viennent des élèves en personne. 

C'était impossible pour moi de rester à la maison !

Claire est une professionnelle de santé avertie. Elle a exercé durant douze ans en tant qu'infirmière, notamment en psychiatrie. Mais aujourd'hui elle dit se préparer à vivre des "situations compliquées" et peut-être des cas de conscience. "Mais je ne serais pas seule," se rassure-t-elle. Un mission difficile pour la jeune femme qui est également mère d'une fillette de 6 ans. Comment expliquer son engagement auprès des autres à son enfant? "Elle a l'habitude de me voir travailler mais je lui ai expliqué les choses avec des mots simples," résume-t-elle. Pour l'ancienne infirmière, sa reconversion via l'IRA de Lyon était l'occasion d'ouvrir son horizon professionnel, "d'avoir pleins de vies dans une vie", d'avoir accès à d'autres fonctions et "de prendre soin des autres autrement". Mais avec la crise sanitaire qui frappe aujourd'hui, la jeune femme de 33 ans a été très vite rattrapée par son ancienne vie et surtout "par son sens du devoir". 
A-t-elle hésité à reprendre du service? Pas une seconde. Ce goût pour l'engagement auprès des autres était "une évidence" pour la jeune femme: "c'était impossible pour moi de rester à la maison, pour moi c'était très clair," résume-t-elle.

L'infirmière sera sur le pont à mi-temps, soit 25 heures par semaine. Elle devra également jongler entre des cours dispensés par l'IRA en journée ("des cours en ligne" fermeture de l'Institut oblige), son engagement auprès de l'hôpital et sa vie de mère de famille. Une organisation qui ne lui fait pas peur. Claire a déjà l'habitude de se partager entre travail, préparation de son concours d'entrée à l'IRA et vie de maman.

Son engagement prend effet ce lundi soir et doit durer jusqu'à la fin de l'urgence sanitaire.  Un engagement de plusieurs semaines en perspective qui ne lui fait pas peur. Ses appréhensions sont ailleurs. Plus que le risque d'être elle-même contaminée, c'est la crainte de devenir "un vecteur de la maladie" qui est au centre de ses préoccupations. Risquer de contaminer ses proches ou ceux qu'elle veut aider. Alors à ceux qui applaudissent les soignants aux fenêtres chaque soir à 20 heures, elle répète ce message simple prononcé par d'autres avant elle: "nous applaudir, c'est bien ! Mais s'il vous plaît, restez chez vous!"
 En bref : l'IRA, c'est une formation rémunérée de 12 mois, comprenant une période d’enseignement en institut d’une durée de six mois et une période en service d’une durée de six mois. 
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