Coronavirus. Lyon. Des maraudes quotidiennes auprès des SDF, de l'ESPOIR pour les autres

L'association lyonnaise ESPOIR vient en aide depuis plus de 20 ans aux sans domicile fixe. Depuis le début du confinement, elle a limité son champ d'action à un seul quartier. Pur être plus efficace et créer un lien de confiance avec les personnes aidées.
Il s’agit de l’un des trois Campements du quartier de la Part-Dieu à Lyon, dont s’occupe actuellement l’association  "ESPOIR". Cette dernière effectue des maraudes quotidienne pour venir en aide à une trentaine de personnes sans domicile fixe.
Il s’agit de l’un des trois Campements du quartier de la Part-Dieu à Lyon, dont s’occupe actuellement l’association "ESPOIR". Cette dernière effectue des maraudes quotidienne pour venir en aide à une trentaine de personnes sans domicile fixe. © FTV
"Faire peu mais si possible du mieux que l'on peut", telle est la devise de Philippe Namias, l'un des bénévoles de l'association ESPOIR.
Avec une vingtaine d'autres volontaires, ils assurent des maraudes quotidiennes auprès de personnes sans domicile fixe. Leur champ d'action alors que beaucoup de bénévoles restent confinés ? Trois petits campements de fortune situés dans le quartier de la Part-Dieu, à Lyon.

Nous avons du limiter notre horizon d'intervention pour tenir compte de la baisse d'effectifs de l'association" - dit tout de go Philippe.

Pour rester efficaces et se rendre au moins une fois par jour dans les campements, ils ont préféré voir petit au lieu de se disperser sur l'ensemble de l'agglomération comme en temps normal.Voir petit donc, mais être présents !

Une trentaine de SDF bénéficient chaque jour de cette présence. "Le manque d'eau est sans doute le plus criant ces derniers jours", complète Jean-Claude Pochet, le président d'ESPOIR. l"es toilettes publiques sont fermées, il n'y a donc plus d'accès aux WC. Les fontaines publiques c'est pareil."
 

ESPOIR interpelle la Métropole de Lyon

Ce lundi 6 avril, le président d'ESPOIR a posté une lettre à l'intention du président de la Métropole lyonnaise pour demander leur réouverture.

Depuis plus de trois semaines, ces personnes n’ont plus accès à l’eau courante car les fontaines sont fermées.

Outre que l’eau constitue un bien essentiel, ces gens ne peuvent pas se laver les mains comme il est recommandé de le faire plusieurs fois par jour par mesure de prophylaxie.

Dans le même temps, ces personnes n’ont plus accès non plus aux toilettes publiques qui sont également fermées et cela pose de gros problèmes d’hygiène.

L'association ESPOIR demande au maire de Lyon, Gérard Collomb, "de bien vouloir faire rétablir le fonctionnement de trois toilettes publiques et autant de fontaines, toutes situées à proximité des campements. De son côté, l'association s'engage à désinfecter au moins deux fois par jour les équipements en question "pour éviter la propagation de la maladie."
 
Des packs d’eau ont été distribués aux sans domicile fixe dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon. Le gros problème reste l’accès à des toilettes, ou à des lieux pour se laver.
Des packs d’eau ont été distribués aux sans domicile fixe dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon. Le gros problème reste l’accès à des toilettes, ou à des lieux pour se laver. © FTV
 

Manque de matériel de sécurité pour les bénévoles

Les restaurants sociaux étant fermés, c'est l'armée du salut ou encore ce qui est glané auprès de la Banque alimentaire qui permet de nourrir les personnes à la rue. "Nous allons essayer de préparer, avec les moyens du bord, des plats chauds au moins une fois par jour", annonce Philippe, toujours entre deux tentes, coincé entre sa volonté de prendre du temps avec les aidés et la nécessaire distance à respecter pour ne pas risquer de transmission virale. Les bénévoles interviennent sans masque. Chaque objet confié est désinfecté, sauf si l'on porte des gants.

S'ils sont essentiellement matériels, les soutiens sont également sociaux et administratifs. Beaucoup se retrouvent sans aucune ressource financière alors qu'ils avaient jusqu'au début de la pandémie des petits boulots payés au noir.
Alors, face à des pertes de papiers, à des salaires non versés (pour ceux qui étaient dûment déclarés), il faut faire appel aux ressources humaines et de compétence du Collectif inter-associations. "Nous sommes en contact avec la Croix-Rouge, Médecins du monde ou encore Entourage pour trouver des solutions d'urgence", indique un bénévole.

une grande partie des personnes que nous aidons ne croient pas à la réalité de la pandémie, malgré le lien de confiance que nous nous efforçons de tisser par ailleurs. Du coup, ils restent très proches les uns des autres, ils s'entraident mais sans faire attention. C'est un énorme problème !
 

Difficile de convaincre de l'existence du Coronavirus

Il demeure bon nombre de problèmes qui risquent de ne pas être réglés de sitôt. Tous ceux qui ont trait au Covid - 19 et aux précautions sanitaires normalement incontournables. Il y a d'abord la barrière de la langue, beaucoup sont russophone et de langues slaves. Et puis, les bénévoles constatent du déni.
Faire passer les messages sont difficiles.Une pétition pour une réquisition

Par ailleurs, une association humanitaire villeurbannaise, "Donner la main-don de soi" appelle à la réquisition pour le bénéfice de l'armée de l'ancienne clinique du Tonkin à Lyon, dont les services ont intégré depuis deux ans le Médipôle de Villeurbanne. Pour son président, Jean-Marc Roffat, cela permettrait de "faire d'une pierre deux coups".
A savoir, profiter du bâtiment muré jouxtant l'ancienne clinique, pour en faire un lieu de confinement des sans-abri, et apporter des renforts de lits et de salles dans la partie ex-médicale. "Cette clinique pourrait revivre très rapidement par une occupation militaire apportant ici tout son matériel médical, explique Jean-Marc Roffat. Pour atteindre son but, l'association a lancé une pétition. Une vidéo aurait aussi été envoyée à la présidence de la République.
 
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