Couvre-feu : "compliqué à faire respecter dans les quartiers" selon Alliance Police Nationale

A partir de vendredi minuit, couvre-feu dans les Métropoles de Lyon et de Saint-Etienne : près d'1 million 700.000 personnes devront rester chez elles de 21h à 6h du matin. Mais pour le syndicat Alliance Police Nationale, cela va être "compliqué à faire respecter dans les quartiers".

Après le confinement, la Police va devoir faire respecter de nouvelles règles liées au couvre-feu à compter du 16 octobre minuit dans les Métropoles de Lyon et de Saint-Etienne.
Après le confinement, la Police va devoir faire respecter de nouvelles règles liées au couvre-feu à compter du 16 octobre minuit dans les Métropoles de Lyon et de Saint-Etienne. © DDSP Rhône
L'instauration du couvre-feu est indéniablement une contrainte de plus pour les policiers. "On va exercer notre mission comme d'habitude, mais la difficulté cela va être de le faire respecter, et de partout. Dans les centre-villes, comme dans les quartiers", commente d'emblée Pierre Tholly. Le secrétaire régional du syndicat Alliance Police Nationale n'est pas des plus optimistes. Et pour cause : 
"On a l'expérience du confinement, on s'est bien vite rendu compte qu'il était impossible de faire respecter la loi, parce qu'il y a un sentiment d'impunité totale. Il y a des individus dans les quartiers qui ne respectent absolument pas la loi, qui nous défient et pour nous il est très difficile de faire respecter les règles".

"Faire face avec les moyens du bord"

Le couvre-feu est instauré le 16 octobre 2020, à partir de minuit, dans les Métropoles de Lyon et de Saint-Etienne. 112 communes et 1 million 700.000 habitants se retrouvent concernés par la mesure, et devront rester chez eux entre 21h et 6h du matin. Et cela, pendant un mois minimum. Comment s'assurer du respect de la loi ?  Gérald Darmanin a annoncé ce 15 octobre 2020 lors d'une conférence de presse réunissant plusieurs membres du gouvernement, que "12.000 policiers et gendarmes veilleraient à fare respecter ce couvre-feu, chaque nuit".
 
S'agit-il de moyens supplémentaires accordés aux commissariats locaux ? Difficile d'y croire, selon Pierre Tholly. Le syndicaliste d'Alliance Police Nationale rappelle que "les effectifs ne sont pas extensibles et qu'il va encore falloir faire face avec les moyens du bord, et la bonne volonté des fonctionnaires qui, c'est vrai, en ont un peu marre de servir de roue de secours à l'État, et qui vont devoir faire au mieux." 
 

Crainte supplémentaire pour la sécurité des policiers ?

Déjà malmenés dans certains quartiers après des opérations anti-drogue notamment, les Policiers sont parfois rudement pris à partie. Du côté de la section régionale d'Alliance Police, cela ne fait guère de doutes : "on va demander aux collègues d'aller encore plus au contact, et de s'exposer doublement. Ils seront non seulement exposés au virus, mais aussi, physiquement à des individus qui ne vont pas louper l'occasion de défier les forces de l'ordre".

 

Inquiétude partagée par le maire de Bron


"Faire respecter un couvre-feu de 21h à 6h avec une Police municipale qui ferme à 20h, voici ce qui nous attend à Bron", fait remarquer le maire dans une publication sur sa page Facebook. Visé par des menaces de mort, ainsi que la Police après une opération anti-drogue dans la commune, Jérémie Bréaud en appelle à l'État pour "apporter renfort et soutien".
Le maire (Les Républicains) de Bron rappelle que la municipalité a adopté "une augmentation de 70% des effectifs de la Police municipale, avec présence quotidienne jusqu'à 2h du matin, mais que tout cela ne sera opérationnel que début 2021".
 

Rappelons que plusieurs clusters Covid ont affecté les commisssariats de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Exemple : en Ardèche, où un tiers de l'effectif du commissariat de Guilherand-Granges s'est retrouvé "sur le flanc" du fait de contaminations Covid.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société police sécurité politique