Covid-19 : dans le Rhône, le nombre de contaminations fait planer la menace d'un nouveau confinement

400 nouveaux cas pour 100.000 habitants, c'est le seuil critique fixé par Jean Castex pour reconfiner. Le département du Rhône flirte dangereusement avec la menace. Au 19 mars 2021, le taux d'incidence y est de 375. 

Le dernier confinement à Lyon date du mois de novembre 2020. Il avait été décrété jusqu'au 1er décembre.
Le dernier confinement à Lyon date du mois de novembre 2020. Il avait été décrété jusqu'au 1er décembre. © Richard Mouillaud/MaxPPP

Le département du Rhône se rapproche-t-il d'un nouveau confinement ? L'évolution des chiffres de l'épidémie de Covid-19 fait planer la menace avec un taux d'incidence de 375 cas pour 100.000 habitants au 19 mars 2021. Le Rhône n'est plus très loin du seuil fixé par le Premier ministre comme critère de reconfinement.

À 25 nouveaux cas du seuil critique

Le bulletin épidémiologique régional daté du 18 mars 2021 fait état d'une circulation virale en augmentation en Auvergne-Rhône-Alpes. "Une augmentation portée essentiellement par les populations de moins de 45 ans", précise les autorités sanitaires. Parmi les indicateurs de l'épidémie sur lesquels beaucoup ont les yeux rivés, il y a le taux d'incidence. Et cette donnée est repartie à la hausse dans le département du Rhône.

Le 25 février lorsque le Rhône rejoint la liste des départements placés sous surveillance renforcée, le taux d'incidence était de 237. Le 3 mars, il est redescendu à 230. Mais depuis, la courbe ne cesse de franchir des paliers : le 13 mars, l'indicateur dépasse les 300 nouveaux cas, et finit par atteindre les 375 le 19 mars 2021. Si le chiffre atteint les 400, seuil critique fixé par le Gouvernement, le département rhodanien sera alors sous la menace d'un nouveau confinement.

La tension hospitalière reste forte. Au 22 mars 2021, le taux d'occupation des lits de réanimation par des malades Covid-19 est de 83.7%. Dans leur dernier bulletin épidémiologique régional, les autorités sanitaires relève "l'effet protecteur du niveau de couverture vaccinale pour les plus de 75 ans, qui se traduit par une baisse continue du taux d’hospitalisation pour cette classe d’âge" en Auvergne-Rhône-Alpes.

Mais voilà, l'accès à la vaccination reste encore restreint. Au 21 mars 2021, 8.3% des habitants du Rhône ont reçu une première dose de vaccin, et seulement 2.8% la deuxième. À cela, il faut ajouter un manque de doses chez les médecins généralistes, et la défiance des patients à l'égard du vaccin AstraZeneca.

Médecins généralistes à cours de vaccin

Le docteur Pascal Dureau est médecin généraliste à Vénissieux. "Sur le cabinet, on est six médecins, on vaccine au maximum de ce que l'on arrive à obtenir comme doses. C'est à dire que c'est entre 60 et 100 vaccins par semaine". Mais depuis quelques jours, le nombre de rendez-vous pris par les patients pour se faire vacciner est en baisse. "Il est tombé à 50 parce que les gens ont eu peur des annonces qui ont été faites. Et pour continuer, avant ce sont les patients qui annulaient, et maintenant c'est nous qui annulons les rendez-vous de la semaine prochaine parce que le gouvernement a interrompu les livraisons pour les médecins".

Le médecin reçoit un couple en consultation, mais pas de vaccination. Les deux patients ne veulent pas de l'AstraZeneca. La défiance est également palpable dans l'une des pharmacies de la métropole de Lyon. Didier Vieilly estime que "les gens sont plutôt favorables au vaccin". Le pharmacien reconnait qu'il doit répondre aux questions sur l'AstraZeneca et le Pfizser, "mais ils ne font pas trop de différence".

Les pharmaciens continuent d'être approvisionnés en vaccin anti-Covid . Et comme beaucoup de médecins, ils militent pour qu'un maximum de personnes soient vaccinés au plus vite.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la suspicion de circulation du variant anglais du coronavirus est désormais estimée à 73% des nouvelles contaminations.

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