Covid 19 : Roch Hachana en visio pour la communauté libérale juive du Rhône

Alors qu'Israël reconfine sa population, la communauté juive s'apprête à fêter son nouvel an. Roch Hachana sera célébré de vendredi 18 à dimanche 20 septembre puis Kippour le week-end suivant. A Villeurbanne, Covid oblige, le rabbin Daniela Touati met en place les offices par visioconférence.
La Rabbin Daniel Touati met en place des offices via visioconférence pour Roch Hachana
La Rabbin Daniel Touati met en place des offices via visioconférence pour Roch Hachana
Les fêtes qui arrivent sont parmi les plus importantes pour la communauté juive. Mais comment concilier sécurité sanitaire et communauté de prière pour Roch Hachana, le nouvel an juif ? A Villeurbanne, la synagogue Keren-Or met en place des offices par visioconférence dès vendredi 18 septembre soir pour palier le nombre restreint de fidèles autorisés dans la salle. Elle est la seule à Lyon et aux alentours.

"Nos journées commencent toujours la veille au soir, Roch Hachana est donc célébré dès vendredi soir, or cette année, le nouvel an coïncide avec Shabbat". Daniela Touati, le rabbin de la synagogue Keren-Or a malgré tout décidé de continuer le système de visioconférence mis en place pendant le confinement pour les offices.

"Normalement la loi juive interdit d'utiliser l'électricité pendant le shabbat mais nous sommes une communauté libérale et nous avons mis en parallèle la loi et la situation d'urgence que nous vivons. Selon nous, il est important d'être plus souple et de permettre au plus grand nombre de pouvoir suivre nos offices."

 

Une question de survie pour la synagogue

Ainsi, les fidèles pourront choisir. Ils pourront s'inscrire pour être présent à la synagogue dans la limite de 50 personnes, "normalement, nous sommes le double à Roch Hachana et au moins 250 pour Kippour" (l'inscription se fait via la lettre d'information de la synagogue). L'alternative, rester chez eux et se connecter gratuitement en visio. "Nous avons fait le choix de ne pas faire payer la connexion, mais nous incitons les personnes à faire un don". En effet, si cette fête représente un moment très important spirituellement, elle l'est aussi financièrement "un tiers de notre budget résulte des dons du nouvel an. Le fait que les gens ne puissent pas venir est très inquiétant pour nous, pour notre survie. Nous ne vivons que des dons, nous n’avons aucune subvention". Les membres de la communauté qui resteront chez eux sont donc invités à faire un don via la plateforme HelloAsso.

Des réunions familiales restreintes

"Nous serons six, en petit comité à la maison". Pascale, lyonnaise, est membre de la communauté juive, infirmière de profession, elle est très prudente. "Je vais prendre mon bâton de pèlerin et militer autour de moi pour que les gens fassent attention, mais de ce que j’ai pu entendre les réunions familiales seront réduites. La nourriture est très symbolique dans les fêtes juives, nous partageons une liste d'aliments dictée par la tradition comme les graines de sésame, la pomme, le miel, le pain, la grenade.. Tout a une signification". Issue d’une famille traditionnelle, Pascale n’est pas favorable à la visio et s’est inscrite à la synagogue pour assister en famille aux offices de vendredi et samedi. "La visio est indéniablement un plus en période de Covid, mais j’ai peur que cela gêne la dynamique de la communauté".

Des offices de vendredi à dimanche

Une première célébration aura lieu vendredi à 19h15 pour le soir de Roch Hachana, une autre suivra samedi de 10 à 13h. "Cet office est plus long car on sonne la corne de bélier, le Choffar. C’est le moment le plus important, c’est un commandement de l’écouter, tous les juifs doivent l’entendre". Daniela Touati officiera aux côtés d’autres officiants laïcs.
Dimanche matin à 10h, un office dédié aux familles sera célébré puis il sera suivi d’un autre moment très symbolique : "cette période de nouvel an est le moment où l’on doit se questionner sur nos actions et tenter de s’améliorer. Nous nous donnerons donc rendez-vous à la synagogue à 18h pour nous diriger vers le Rhône afin de jeter des morceaux de pain dans l’eau. Ce pain symbolise nos pêchés, on les jette, ils sont emportés vers le fond. Tout en lisant des versets des prophètes, nous nous engageons à être meilleurs pour la nouvelle année qui débute… l’eau emportera toutes nos transgressions…"
 
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