Covid-19 : Sanofi produira le vaccin de Johnson & Jonhson à Lyon

Le groupe français Sanofi a annoncé, ce lundi 22 février, qu'il produirait le vaccin de Johnson & Johnson contre le coronavirus sur son site de Marcy-L'étoile, près de Lyon au 3ème trimestre 2021. 

Ce partenariat avec Johnson & Johnson s'ajoute à la production prévue, à partir de cet été, de plus de 125 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech par Sanofi. 
Ce partenariat avec Johnson & Johnson s'ajoute à la production prévue, à partir de cet été, de plus de 125 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech par Sanofi.  © Yoan Valat / Maxppp

Faute de produire son propre vaccin, Sanofi produit celui des concurrents. Le groupe pharmaceutique français a annoncé, ce lundi 22 février, qu'il lancerait la production des vaccins de l'américain Johnson & Johnson à partir du troisième trimestre de cette année, sur son site de Marcy-l'étoile (Rhône).

 

"Contribuer à l'effort collectif"

Sanofi se chargera de "la formulation et du remplissage des flacons à un rythme d'environ 12 millions de doses par mois", annonce le groupe. Mais il faudra d'abord que le vaccin soit autorisé par les autorités sanitaires. Une demande d'autorisation d'urgence à été déposée à la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, ainsi qu'une demande d'autorisation de mise sur le marché à l'Agence européenne des médicaments. Dès validation, Sanofi participera à la production en France : "cet accord avec Johnson & Johnson témoigne de la détermination de Sanofi à contribuer à l'effort collectif pour mettre fin à cette crise sanitaire le plus rapidement possible" et à faire "preuve de solidarité," a commenté le directeur général de Sanofi, Paul Hudson. Sanofi avait déjà accepté de fabriquer à partir de l'été, dans son usine allemande de Francfort, plus de 125 millions de doses du vaccin à ARN messager mis au point par Pfizer-BioNTech. 

 

Vers une production de masse

"On avait travaillé activement pour la production de vaccins sur ce site" de Marcy-l'Etoile, s'est félicité de son côté Pascal Lopez, délégué syndical central FO chez Sanofi. "Tout le travail préparatoire avait commencé énormément en amont dans l'optique d'une production de vaccin Sanofi et aujourd'hui, ce travail n'est pas perdu, c'est ça qui est réjouissant," ajoute-t-il. Pour Thomas Triomphe, vice-président exécutif de Sanofi Pasteur, l' ambition de Sanofi est "d'en faire le plus possible, et si on peut en faire plus pourquoi pas". Une annonce saluée par le président de la République : "Nous devons accélérer ensemble la production de vaccins via des partenariats industriels. Tout en poursuivant sa recherche, Sanofi va prendre en charge plusieurs étapes de fabrication du vaccin", a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

 

 

Sanofi poursuit ses recherches

En parallèle de ces partenariats, Sanofi poursuit le développement de son propre vaccin. "Notre priorité absolue reste la fabrication de notre propre vaccin. Si on fait cette opération avec BioNTech ou Johnson & Johnson, c'est parce qu'on s'est assuré qu'on a par ailleurs la capacité de produire notre propre vaccin", a insisté Thomas Triomphe. Car s'il a essuyé des revers, le laboratoire français est déterminé à aboutir. Il a ainsi également annoncé une nouvelle étude clinique dite "de phase 2" de son principal candidat-vaccin développé avec le britannique GSK et utilisant la technologie de la protéine recombinante, espérant le mettre à disposition au quatrième trimestre. "Cette nouvelle étude de phase 2 évaluera le potentiel d'une formulation affinée d'antigènes dans le but d'obtenir une réponse immunitaire optimale, en particulier chez les adultes plus âgés", explique-t-il.

 

En route pour les variants

Sanofi a par ailleurs commencé des recherches sur les nouveaux variants et "pouvoir préparer différentes formulations pour aller le plus vite possible quand il y en aura besoin". Le laboratoire développe également un second candidat-vaccin avec la société américaine Translate Bio, reposant sur la technologie plus récente de l'ARN messager (utilisée par les vaccins déjà autorisés de Pfizer/BioNTech et de Moderna). "Des données précliniques ont montré que deux injections du vaccin à ARNm induisent la production d'une concentration élevée d'anticorps neutralisants", selon Sanofi, qui entend commencer à tester le vaccin sur des volontaires humains, dans une phase 1 en mars.

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