Des livreurs reprochent à la société Uber Eats d'avoir bloqué leur compte et organisent une manifestation à Lyon

A nouveau, une partie des livreurs travaillant pour l'enseigne Uber Eats est en colère contre les méthodes supposées de cette entreprise. Ce mardi 31 août, une manifestation est organisée, à Lyon, devant le siège de la marque de livraison de repas, avenue George Pompidou.

Ce mardi 31 août, la CGT appelle les livreurs à se rassembler devant les locaux d’Uber Eats afin "d’exiger la réintégration des livreurs bloqués par la plateforme". En effet, selon la CGT, les blocages de comptes "pour des motifs fallacieux" se produiraient régulièrement.

Le syndicat précise qu'il avait déjà pu obtenir par l’action, en mars dernier, la réintégration d’une quinzaine de livreurs bloqués par la plateforme.

Pour le représentant CGT Ludovic Rioux, ce procédé technique est révélateur du manque de protection des livreurs. "Ils sont à la merci des plateformes qui utilisent n’importe quel artifice pour abuser de son pouvoirs : les livreurs se voient accuser de commandes frauduleuses, d’être trop lent, de partager leur compte… sans que la charge de la preuve n’incombe à Uber, qui n’explicite jamais les raisons du blocage" est-il expliqué.

Plus de travail du jour au lendemain

Conséquence directe : du jour au lendemain, des livreurs sont donc privés d’activité professionnelle, sans accès à l’assurance-chômage, en raison du statut de micro-entrepreneur imposé par la plateforme aux livreurs. Pour Ludovic Rioux, c'est la preuve que "la plateforme Uber Eats joue sur la précarité des livreurs pour faire pression sur leurs conditions de travail, livreurs qui se retrouvent eux-mêmes sous la pression d’un blocage permanent."

Face à ces affirmations, Uber Eats tient à expliquer quelle est la procédure "Lorsqu’une activité frauduleuse, comme par exemple des non-livraisons répétées de plusieurs commandes ou une usurpation d’identité (location illégale de compte), nous est signalée, nous pouvons être amenés à suspendre l’accès au compte de manière temporaire ou définitive. Toute suspension suit une procédure rigoureuse et vérifiée." assure la société

Pas d'interlocuteur local

Nous avons tenté de joindre les représentants de la société Uber Eats. Selon un porte-parole : "Nous échangeons régulièrement avec tous les livreurs et les associations de livreurs utilisant l’application Uber Eats à Lyon. Ce dialogue ouvert nous permet de mieux comprendre leurs attentes et points de frustration et de travailler à des solutions efficaces. Nous avons mis en place une procédure d’appel permettant aux livreurs de demander à ce que la désactivation de leur compte soit revue.”

Le représentant syndical de la CGT Ludovic Rioux, lui-même, avoue ne pas savoir avec qui négocier dans cette affaire : "Nous ne sommes pas leurs employés, mais des travailleurs indépendants, avec un statut d'auto-entrepreneur. Du coup, nous ne connaissons pas de directeur régional, et, à fortiori de responsable RH. On organise d'abord notre manifestation, et on voit après si cela peut ouvrir une discussion avec un interlocuteur éventuel", constate-t-il. 

Ce que, de son côté, conteste Uber Eats, qui explique garder le lien avec ses livreurs : " Nous avons mis en place un cadre de dialogue avec les livreurs et les collectifs. Un référent local propose des rendez-vous réguliers pour échanger avec tous les livreurs qui le souhaitent afin de pouvoir revenir sur tous les sujets qui concernent leur activité, que ce soit la saisonnalité, les retours clients ou encore les revenus. Les livreurs peuvent également se rapprocher du service support directement depuis leur application s’ils le souhaitent. A Lyon, nous avons échangé à plusieurs reprises avec le groupe affilié à la CGT."

LA CGT réclame le déblocage de tous les comptes de livreurs concernés.

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