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Édition spéciale "solidarité" depuis Lyon à l'occasion des 70 ans de l'appel de l'Abbé Pierre

Le 1er février 1954, l'Abbé Pierre lançait son célèbre appel de solidarité pour venir en aide aux pauvres et aux sans-abris. Dehors, il fait -15° depuis plusieurs jours. Tous les jours et toutes les nuits, ils risquent de mourir de froid dans l'indifférence sociale et médiatique. Pour les 70 ans de cet appel, le réseau France 3 vous propose une édition spéciale depuis Lyon et diffusée sur ses 24 antennes.

"Mes amis au secours ! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures", lance à la radio le 1er février 1954 l'Abbé Pierre. Un appel poignant à la solidarité envers les plus démunis, menacés par le froid. 

À l’époque, la pauvreté et le mal-logement font des ravages dans l'indifférence sociale et médiatique. Cet appel à "l'insurrection de bonté" marquera la mémoire collective en France et entraînera un élan de solidarité nationale. Quelques semaines plus tard, l'association Emmaüs voit le jour et des centres d'hébergement d'urgence voient le jour partout sur le territoire. 

France 3 se mobilise pour les 70 ans de l'appel de l'Abbé Pierre

Pour le 70ème anniversaire de cet appel, France 3 se mobilise et vous propose une édition spéciale sur la solidarité en direct depuis les locaux de Notre-Dame des sans-abri à Lyon (Rhône).

Il s'agit du plus grand foyer d'accueil de l'agglomération lyonnaise. Chaque jour, 2000 personnes y sont accueillis. Ouvert en 1950 par le laïc Gabriel Rosset, il est visité par l'Abbé Pierre, en 1954. 

 4,2 millions de mal-logés en France

En 1954, la France fait partie des pires pays industrialisés en termes de logement. Le territoire manque de très nombreux toits pour loger ses travailleurs et les taudis et autres bidonvilles pullulent dans les villes industrielles.

70 ans plus tard, environ 4,2 millions de personnes restes mal-logées en France, selon le rapport 2024 de la Fondation Abbé Pierre. Parmi eux, 330 000 personnes sont sans-domicile fixe, soit plus de 2 fois plus qu'en 2012.

768 000 sont hébergés par des proches, en hôtel ou en campement, et 2,8 millions de personnes vivent dans un habitat indigne. Enfin, 300 000 personnes sont également mal-logées, mais n'entrent dans aucune des catégories citées précédemment, notamment les "gens du voyage subissant des mauvaises conditions d'habitat" ou encore des résidents de foyers de jeunes travailleurs hébergeant des travailleurs migrants.

"La bombe sociale du logement a explosé"

Fondation Abbé Pierre

La fondation n'hésite pas à évoquer "une bombe sociale du logement qui a explosé", mettant en avant de très nombreux chiffres préoccupants : 

  •  26 % des ménages ont eux froid chez eux en 2024
  • +50 % d'intervention pour impayé d'électricité en 2023
  • Plus de 8 000 demandes par nuit de mise à l'abri non pourvue par le 115, faute de place
  •  2,4 millions de ménages demandeurs d'un logement social en 2022 contre  678 500 en 1984

De plus, la crise de la construction de logement actuel contribue à aggraver toutes ces situations. 

  • 93 000 logements sociaux ont été financés en 2023 contre 125 000 en 2016
  • 295 000 logements autorisés en 2023 contre 500 000 en 2022 
  • 900 000 transactions immobilières en 2023 contre 1,13 million en 2023

Tous ces éléments poussent la fondation à qualifier l'année 2023 "d'année noire pour les mal-logés". 

Explosion du nombre d'enfants à la rue à Lyon et Saint-Etienne

 Dans son rapport, la Fondation Abbé Pierre cite les villes de Lyon et Saint-Etienne pour illustrer l'explosion du nombre d'enfants à la rue. "Dans la Métropole de Lyon, à la fin de l’année 2023, plus de 300 enfants n’ont  pas d’abri. Cela représente une augmentation de 0 % par rapport à l’an dernier et 240 % par rapport à il y a deux ans", écrit la Fondation. 

Elle note par ailleurs que deux campements de 250 mineurs isolés sont installés dans l'agglomération et que seul un tiers des situations préoccupantes signalées chaque soir au 115 donne lieu à une orientation en hébergement. 

À Saint-Étienne, "274 ménages distincts ont sollicité au moins une fois le 115 et 95 %  d'entre elles n’ont pas reçu de réponse positive. Parmi elles, 31 familles avec 73 enfants lors de la première semaine du mois de novembre". Elle ajoute que 8 écoles sur 10 sont mobilisées pour héberger des enfants scolarisés avec leurs parents.

14,5 % des Français vivent sous le seuil de pauvreté 

70 ans après, la misère n'a toujours pas été éradiquée en France. Depuis les années 2000, le nombre de Français vivant sous le seuil de pauvreté est en augmentation, atteignant 14,5 % aujourd'hui d'après l'INSEE. Cela représente plus de 9 millions de personnes, contre 7,5 millions il y a vingt ans. 

En France, les personnes seules vivant avec 1 158 euros par mois ou moins sont considérées comme pauvre. Ce chiffre monte à 1 505 euros ou moins pour une famille monoparentale et 2 432 euros par mois ou moins pour un couple avec enfants. Cela représente 60 % du revenu médian au sein du pays. 

Cet indicateur reconnu par de nombreux pays, notamment en Europe, reste critiqué, notamment pas des associations. Néanmoins, un constat fait consensus : la crise inflationniste que traverse actuellement le pays ne fait qu'accroître la pauvreté monétaire.

Avec l'explosion des prix de l'alimentaire et de l'énergie, de nombreux Français rencontrent de plus en plus de difficultés, voire n'arrivent plus à faire face aux dépenses de la vie quotidienne. 

Les familles monoparentales, souvent des femmes avec des emplois précaires, sont plus touchées. On retrouve également pas mal de jeunes vivant sous le seuil de pauvreté ou encore des personnes seules avec différents profils : immigrés, sans emplois ou travailleur pauvres. 

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