Electricité : la crise sanitaire a bouleversé nos habitudes de consommation en Auvergne-Rhône-Alpes

La crise sanitaire a eu un effet direct sur notre consommation d'électricité. Le ralentissement des activités industrielles, le télétravail des particuliers ont nécessité d'adapter le réseau au quotidien. Trois mois après le confinement, RTE présente un bilan et trace ses perspectives d'avenir.

« Plus de 200 opérateurs ont été mobilisés en région en permanence. En particulier, des dispatcheurs ont surveillé le réseau et ajusté seconde par seconde les équilibres entre production et consommation. » explique François Chaumont directeur RTE Auvergne Rhône Alpes
« Plus de 200 opérateurs ont été mobilisés en région en permanence. En particulier, des dispatcheurs ont surveillé le réseau et ajusté seconde par seconde les équilibres entre production et consommation. » explique François Chaumont directeur RTE Auvergne Rhône Alpes © RTE_ColombelVanessa
Lorsque l’on décrit une activité, rien de tel que de scruter ce qui «est dans les tuyaux». Une  manière simple et objective d’analyser, par exemple, l’activité économique de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à travers sa consommation en électricité. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute-tension RTE est justement en charge de ces fameux «tuyaux» et a pu faire le bilan de l’impact de la crise sanitaire sur notre quotidien. 
 

Une baisse brutale et inédite de 20% de la consommation

Premier constat : une baisse de la consommation de 20% en moyenne, en quelques jours. «A compter du début du confinement, on a constaté cette baisse. C'est l'équivalent de la consommation de l’ensemble de la Métropole de Lyon et de celle de Grenoble réunies » explique François Chaumont, directeur régional. « C’est une baisse similaire à celle qu’ont connue les autres régions pendant la même période, mais inédite par son ampleur et sa rapidité. Cela s’est passé en quelques jours. En 2008, durant la crise économique, on avait connu des baisses de l’ordre de 5%, au maximum.» La consommation, depuis, est revenue très progressivement à la hausse. Fin mai, le niveau était déjà de -10%, et même de -7% courant juin. 

Une adaptation seconde par seconde

Baisse de la consommation. Bonne ou mauvaise nouvelle ? «On ne juge pas les variations de l’offre ou de la demande. Notre rôle est juste d’éviter tout déséquilibre, qui pourrait générer des coupures». Qu’elle augmente ou qu’elle chute, la consommation d’électricité nécessite en effet d’être régulée. Pour faire face à cette chute brutale, les équipes de RTE ont dû s’adapter très rapidement «Plus de 200 opérateurs ont été mobilisés en région en permanence. En particulier, des dispatcheurs ont surveillé le réseau et ajusté seconde par seconde les équilibres entre production et consommation».
© RTE_TetuStéphanie

La grande industrie a résisté dans notre région
Il faut dire que le confinement a entraîné une sorte de jeu d’équilibre. Le ralentissement de certaines industries a eu un impact direct sur le débit de consommation, en termes de quantité, et d’horaires. «En Auvergne-Rhône-Alpes, on estime que la baisse est au-delà de 50% dans l’industrie automobile, et même 75% dans la sidérurgie» précise François Chaumont. «Mais globalement, on constate que la grande industrie a plutôt fait preuve de résilience, à hauteur de -13% dans notre région, contre -25% au niveau national. Une différence qui s’explique par la présence des secteurs de chimie et parachimie, qui ont maintenu leur activité pendant la crise.»
 

Les pics de consommation ont été décalés

Des habitudes quotidiennes bouleversées

Autre imprévu : le profil journalier de la consommation a fortement évolué pendant le confinement. En hiver, il présente habituellement une pointe de consommation vers 8 heures du matin, une baisse durant l’après-midi et une nouvelle pointe le soir à 19h : «Les gens étant en télétravail en grande majorité, les périodes de transports quotidiens, notamment par train ont été supprimés. Conséquence directe : les pics de consommation ont été décalés, avec une pointe vers 13h lors de la pause de ces salariés»

Le plus grand campus européen en électricité à Jonage en 2021

Malgré la crise, RTE va maintenir 93% de ses investissements programmés avant la crise du Covid19 en Auvergne-Rhône-Alpes. "Cela représente 183 millions d'euros cette année, sur un total de 560 millions pour les quatre prochaines années". Et parmi eux, le futur Campus «Transfo». Installé à Jonage, où le chantier a débuté en avril 2019, il deviendra le plus grand campus d’Europe dédié à la formation et à l’innovation dans le transport de l’électricité.
Début 2021, il permettra d’accueillir 7000 personnes dans un espace de 30 000 m2 partagés entre formation et recherche. «On formera tous ces collaborateurs chaque année. Et on aura du matériel pointu permettant de travailler avec des experts et des partenaires européens, afin d’anticiper le réseau de demain.» L’un des objectifs pour RTE est de créer à Jonage le centre de référence des liaisons à courant continu.
 

Une liaison directe entre France et Italie

Parmi les applications directes : une liaison de courant en continu, en cours d’installation entre la France et l’Italie. Le «Savoie Piémont» sera une liaison souterraine de 190 kilomètres entre les deux pays. Elle permettra d’améliorer le partage du réseau électrique européen. «Il est intéressant de développer ce réseau afin que l’énergie la moins chère puisse servir à tous les pays membres. En France, par exemple, on a 50 liaisons d’interconnexions avec nos voisins».
Autant de projets qui permettent à RTE de maintenir sa politique d'embauche dans notre région «On prévoit de recruter 36 nouveaux contrats d'alternance en septembre» ajoute le directeur François Chaumont.

 
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