IVG : "Le droit à l'avortement n'est pas toujours accessible en France" Les plannings familiaux dans la rue à Lyon crient leur "colère"

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"Mon corps, mon choix" Entre 500 et 800 personnes place Bellecour à Lyon pour défendre le droit des femmes à l'IVG partout dans le monde.

Après l'interdiction de l'avortement dans plus de dix Etats américains, le séisme continue de secouer les consciences et les libertés. A Lyon, place Bellecour, entre 500 et 800 personnes selon les organisateurs, étaient réunis au son de "Mon corps! Mon choix" à l'appel des planning familiaux. 

"On voulait montrer notre solidarité aux américaines. Des mobilisations sont organisées dans 36 villes de France, pour montrer qu'il s'agit d'un mouvement de soutien national" précise Marion Athiel, membre du planning familial du Rhône. 

Droit à l'avortement pour toutes partout maintenant ! 

Les organisations de défense des droits des femmes s'accordent en France pour dire qu'il faut inscrire le droit à l'IVG dans la constitution française. Un droit fragile et vulnérable selon les contextes politiques, culturels ou économique mais "un droit inaliénable" pour de nombreuses associations. 

Face au recul américain en la matière, Marion Athiel dit ressentir "une immense colère et une immense tristesse! C'est insupportable. On a l'impression que les droits des femmes n'ont pas lieu d'être" estime-t-elle. "Le droit à l'avortement n'est pas acquis, et ça pourrait arriver en France car aujourd'hui ce droit n'est pas accessible de la même manière sur tout le territoire."

En effet, selon le rapport des députées Marie-Noëlle Battistel et Cécile Muschotti sur l'accès à l'interruption volontaire de grossesse, au moins 2 000 patientes seraient contraintes chaque année de se rendre à l'étranger (notamment en Espagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas).

"Des situations personnelles complexes et la fermeture d'établissements de santé pratiquant l'avortement expliquent en partie ces départs vers l'étranger" précise le rapport. 

C'est pourquoi la loi du 2 mars 2022  allonge de deux semaines le délai légal de recours à l'IVG, qui est ainsi passé de 12 à 14 semaines de grossesse.

 Associations, ONG, plannings familiaux mobilisés ce samedi 2 juillet espèrent un retour en arrière possible de l'autre côté de l'Atlantique. 

En France, en 2020, 222 000 femmes ont interrompu volontairement leur grossesse dont 16 202 en Auvergne Rhône Alpes.