Le restaurant "La Mère Brazier", institution gastronomique lyonnaise, fête son centième anniversaire

Depuis un siècle, le restaurant "La mère Brazier" régale les gastronomes et amateurs de haute cuisine lyonnaise. Situé au pied des pentes de la Croix-Rousse, ce restaurant étoilé pour la première fois en 1933, n'a rien perdu de son authenticité et de son âme. 

Le restaurant "La Mère Brazier", institution gastronomique lyonnaise, fête son centième anniversaire
Le restaurant "La Mère Brazier", institution gastronomique lyonnaise, fête son centième anniversaire © France TV

"L'enseigne est d'époque... la vitrine, c'est ma grand-mère qui l'a fait faire", explique Jacotte Brazier. Les faïences des années 30, le parquet et les baies vitrées... le décor d’origine a été conservé par Mathieu Viannay qui a repris cette maison mythique en 2008. Le restaurant étoilé ouvert par Eugénie Brazier à Lyon, le 10 avril 1921, vient aujourd'hui de fêter son centenaire. Un anniversaire en pleine crise sanitaire qui a contraint les restaurants à fermer leurs portes.

L'établissement est installé depuis un siècle au 12 rue Royale dans le 1er arrondissement, au bas des pentes de la Croix-Rousse. Une ruelle discrète et étroite, à deux pas de l'Hôtel de Ville de Lyon qui contraste avec la réputation internationale du restaurant. Dans cette institution lyonnaise, rien ou presque, ne semble avoir changé. Eugénie Brazier, la fondatrice, était la reine des mères lyonnaises.  Lorsqu'elle ouvre ce restaurant, elle n'a que 26 ans.

Eugénie Brazier, fondatrice du restaurant "La mère Brazier" en 1921
Eugénie Brazier, fondatrice du restaurant "La mère Brazier" en 1921 © ina

"Il y a cent ans, c'était un porte-pot; c'était une espèce de petit bistrot," explique Jacotte Brazier, petite-fille de la mère Lyonnaise. L'établissement était installé en plein coeur du quartier de soyeux. L'activité de la rue Royale tournait autour de ce secteur et voyait défiler commissionnaires en soieries, transporteurs de soieries et autres employés liés à cette industrie textile florissante. Mais la mère Brazier a décidé de trancher avec les autres cafés et bistrots. Exit le traditionnel mâchon de 10h du matin avec force cochonnaille: "Ma grand-mère, quand elle a ouvert, elle a fait tout de suite un restaurant plutôt chic et à la mode !". 

Deux fois 3 étoiles Michelin en 1933 !

Rapidement, le petit estaminet est devenu une table très prisée des hommes politiques lyonnais et des personnalités de tous horizons. On vient se régaler dans les salons à l'étage, de plats signatures tels que les fonds d'artichauts au foie gras ou la volaille de Bresse demi-deuil. Ces créations emblématiques de la mère Brazier vont la propulser au firmament de la cuisine française. 

"Ma grand-mère était la seule femme à cette époque à avoir eu trois étoiles, et dans ses deux restaurants", résume Jacotte Brazier. "Aussi bien au Col de la Luère (NDRL : à Pollionnay), qu'au Rue Royale, six étoiles en 1933 !" Il faudra attendre Alain Ducasse en 1997 pour que le palmarès soit égalé. 

Après trois générations de Brazier, c'est le chef et meilleur ouvrier de France, Mathieu Viannay a repris les cuisines de ce restaurant mythique en 2008, alors que le restaurant était fermé depuis six mois. Le jeune chef ne voulait pas voir disparaître cette institution et a relevé le défi. "Toute la politique s'est faite là, toutes les affaires... Cette maison a une âme. Je pense qu'il y a beaucoup de choses à raconter", confiait le chef étoilé voilà 13 ans devant nos caméras. Un pari réussi malgré l'énorme pression: l'année suivante, il décroche deux étoiles.

Qu'aurait pensé la mère Brazier de ce centenaire ? Pas grand-chose à en croire sa petite-fille. Cette cuisinière généreuse, à la forte personnalité, avait le triomphe modeste. "Vous savez quand elle a eu ses trois étoiles, elle n'a pas fait des fêtes. Elle a dit - c'est formidable, on a bien travaillé, ça c'est bien ! - Elle dirait pareil aujourd'hui - C'est bien !"

Eugénie Brazier, décédée en 1977, a notamment formé celui qui deviendra le pape de la gastronomie mondiale : Paul Bocuse.
 

Un anniversaire sur les réseaux sociaux

A défaut de fêter ce centième anniversaire dans le restaurant, le chef Mathieu Viannay a lancé un concours sur les réseaux sociaux. Un rendez-vous autour des recettes emblématiques de la maison. Sur Facebook et sur Instagram, le cuisinier révèle un secret bien gardé : la recette du fameux soufflé au grand marnier de La Mère Brazier !

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Les internautes sont invités à partager leurs plus beaux soufflés sur Instagram avec le hashtag #CentenaireBrazier pour peut-être remporter l'un des trois repas pour deux personnes au sein de l'institution lyonnaise deux étoiles. 

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