"Les voies lyonnaises" : l'immense plan vélo lancé par la métropole de Lyon

La majorité verte de la métropole de Lyon annonce, ce mercredi 22 septembre, la création de près de 400 km de voies cyclables aménagées dans toute l'agglomération. Un réseau très ambitieux, dont la construction doit s'étaler jusqu'en 2030.

Vous n'aviez encore rien vu ! Depuis l'arrivée des écologistes à la tête de la mairie et de la métropole de Lyon, les pistes cyclables se multiplient un peu partout. Mais ce mercredi 22 septembre, la métropole de Lyon dévoile un plan de long terme beaucoup plus audacieux. Elle lance la création de près de 400 km d'aménagements spéciaux pour des pistes larges, sécurisées, et interconnectées dans toute l'agglomération.

 

Près de 400 km de pistes dédiées en 2030

Elles vont s'appeler "Les voies lyonnaises", modeste référence aux "Voies romaines", qui ont marqué le paysage de la région lyonnaise pour 2 000 ans et jusqu'à nos jours. C'est dire l'ambition de la majorité écologiste conduite par Bruno Bernard, qui veut à son tour "marquer un changement de paradigme" pour les siècles à venir, en réponse à l'urgence climatique. Le projet : réaliser un réseau cycliste de 250 km de voies aménagées d'ici 2026 (dont 100 km déjà existants). A la fin du mandat actuel des écologistes, 12 lignes devraient traverser quelques 40 communes, "permettant à 3 habitants sur 4 de vivre à moins de 10 minutes d'une Voie lyonnaise", expliquent les élus. Et à la fin du projet, d'ici à 2030, les Voies Lyonnaises devraient, selon les élus, représenter 13 lignes et 396 kilomètres de pistes aménagées en tout. Elles seront toutes entièrement achevées et connectées entre elles. "En reliant les communes de la périphérie au coeur de l’agglomération, mais aussi les villes de la première couronne entre elles, les Voies Lyonnaises permettront, j’en suis intimement persuadé, de donner à notre territoire un visage apaisé, confortable et sécurisant", explique Bruno Bernard, le président de la métropole. 

 

Des infrastructures propres et sécurisées

Les 13 lignes du futur réseau auront toutes des itinéraires propres, elles seront séparées des infrastructures routières et des espaces piétons, et seront suffisamment larges pour faciliter les dépassements entre vélos, y compris celui des vélos-cargos. Les voies feront donc, dans la majorité des cas, entre 3 et 4 mètres de large, et elles seront identifiables par une couleur spécifique. Les équipes chargées de penser le réseau ont donné priorité à "la continuité et à la sécurité, les 2 maîtres mots" qui ont guidés leurs réflexions. "Se déplacer en vélo en ville est considéré par beaucoup de nos concitoyens comme trop dangereux. Avec une infrastructure entièrement dédiée aux vélos sur les 13 lignes que comprendra, à terme, le réseau, nous apportons une réponse pour que le vélo devienne un mode de déplacement à part entière", se félicite Fabien Bagnon, vice-président délégué à la voirie et aux mobilités actives. Les voies devront ainsi réconcilier les usagers avec le vélo, et surtout leur permettre de les utiliser sans difficulté avec des enfants. Par ailleurs, les Voies lyonnaises seront identifiables par une signalétique claire, elles seront éclairées la nuit, et disposeront d'aménagements spécifiques réguliers, telles que des stations de gonflage ou des fontaines à eau.

 

"Inter-modalité" et "continuité"

Les Voies lyonnaises seront non seulement reliées entre elles, mais elles permettront aussi de se connecter aux gares de nombreuses communes de la métropole, comme Saint-Germain-au-Mont-d’Or, Albigny-sur-Saône, Ecully ou encore Oullins. Et en plus de couvrir l’ensemble du territoire métropolitain, ces pistes pourraient être connectées aux axes cyclables des départements voisins du Rhône et de l’Ain notamment, en accord avec les collectivités voisines. La construction de la première ligne doit débuter dès le mois d’octobre prochain : elle reliera Vaulx-en-Velin à Saint-Fons sur une distance totale de 20,5 kilomètres et sera ouverte en partie au printemps 2022. Elle desservira le campus de la Doua à Villeurbanne, et passera par la ville de Lyon et sa rive gauche du Rhône, utilisant des voies déjà existantes, qui seront élargies et réaménagées au besoin. Au total, 100 millions d'euros sont affectés à la réalisation de tout ce réseau, un budget déjà adopté lors du vote de la programmation pluriannuelle de la métropole en début d'année.

 

Concertations et réflexions 

Ces priorités ont été établies après une phase de consultations d'habitants et d'associations d'usagers. Les concertations sont d'ailleurs toujours en cours, et doivent se poursuivrent tout au long de l’élaboration des lignes, indique l'équipe chargée de la voirie et des mobilités. Le vice-président de la métropole Fabien Bagnon a également rencontré les maires des 59 communes du territoire : "les maires sont les mieux placés pour nous suggérer des solutions de tracés que nous n’aurions peut-être pas imaginées. Les échanges permanents que nous avons au sein des comités de pilotage – et que nous aurons au fur et à mesure de la construction du réseau – sont la garantie que les 13 lignes déployées à terme sur le territoire, s’intégreront de façon harmonieuse à la réalité des paysages urbains des communes de la métropole", explique l'élu. Plusieurs tronçons représentant 49 km ne sont pas encore déterminés avec précision et restent à expertiser, lors de réunions prochaines de "comités de pilotage" qui sont mis en place pour chaque ligne, afin de définir les tracés les plus pertinents.

 

3 fois plus de cyclistes en 2026 ?

Cette mobilisation en faveur du vélo à vocation à encourager toujours plus sa pratique, même si l'augmentation du trafic cycliste est déjà massive à Lyon (souvent au delà de +10% par an depuis plus de 10 ans!). Mais selon la mjorité écologiste, il y a encore une grande marge de manoeuvre : en créant les Voies lyonnaises, elle espère en effet multiplier par 3, d’ici à 2026, le nombre de déplacements à vélo par rapport à 2020.  Par ailleurs, au sein de la métropole de Lyon, la distance moyenne des déplacements n'est actuellement que d’environ 5 km (Enquête Ménage Déplacement, 2015) soit une vingtaine de minutes en vélo, en moyenne par habitant. L'un des objectifs de la métropole est donc de faciliter le recours au vélo pour les parcours plus longs, pour faire reculer, entre autre, la place trop grande faite à la voiture. 

 

 

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