A Lyon, des antennes 5G émettent déjà pour des expérimentations

Alors que des voix s'élèvent contre le déploiement prochain de la 5G en France, 22 antennes 5G ont été autorisées à Lyon et Villeurbanne pour mener des expérimentations depuis le début 2018. 
La métropole de Lyon figure dans le peloton de tête des villes qui expérimentent la 5G avec 22 antennes autorisées par l'ARCEP depuis le début 2018.
La métropole de Lyon figure dans le peloton de tête des villes qui expérimentent la 5G avec 22 antennes autorisées par l'ARCEP depuis le début 2018. © Vincent Isore / Maxppp
Parmi les voix qui s'opposent au déploiement prochain de la future 5G, celle de Gregory Doucet, le maire EELV de Lyon et celle de Cédric Van Styvendael, maire PS de Villeurbanne. Les 2 élus ont signé la pétition demandant un moratoire, dimanche 13 septembre, pour stopper le processus d'attribution des fréquences. Mais dans ces 2 villes et plus largement dans la métropole de Lyon, des antennes se déploient déjà pour mener des expérimentations. 
 

22 antennes 5G à Lyon

Pour étudier les possibilités offertes par la 5G avant de la proposer au grand public,  l'ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques, des Postes et de la presse) autorité indépendante nationale, a autorisé la mise en place d'antennes dans plusieurs villes de France, dont Bordeaux, Paris, Rouen, et la métropole de Lyon. Celle-ci figure dans le peloton de tête avec 22 antennes 5G autorisées depuis le début 2018, pour une exploitation de 3 ans. C'est dans le Rhône que Bouygues a installé la majorité de ces supports expérimentaux, et des projets sont également portés par SFR ou Orange. Il s'agit de développer les premiers usages estimés "de rupture" par les professionnels, dans tous les secteurs d'activité, à commencer par l'émergence de "la ville intelligente", de "l'internet des objets", la révolution des communications ou encore celle de la mobilité. 
 

La SNCF teste de nouveaux usages

L'expérimentation la plus emblématique à Lyon est probablement celle opérée par la SNCF en collaboration avec Bouygues Telecom. Grâce à une antenne qui couvre la gare Part Dieu, en utilisant les débits 5G 10 fois supérieurs à ceux de la 4G, la SNCF peut extraire et transmettre "de grandes quantités de données techniques des trains à quai," selon les informations délivrées par l'ARCEP. ​​​​​​A terme, en cas d'avarie, les trains pourront aussi transmettre leurs données en temps réel pour une prise en charge dès leur arrivée en atelier. 

Pour les voyageurs, une autre expérimentation en cours doit apporter "des débits massifs pour des applications de réalité augmentée ou de vidéochat en réalité mixte", explique l'ARCEP. Une autre expérimentation doit permettre de connecter la ligne Lyon-Mâcon via l'opérateur SFR. Selon des documents internes à la SNCF, celle-ci attend beaucoup de la 5G. Elle prévoit de proposer des guichets virtuels pour les usagers, une meilleure connectivité à bord des trains, ou encore, à terme, de développer des locomotives téléguidées. 
 

Un secret bien gardé

D'autres expérimentations sont en cours, dans le 6e arrondissement de Lyon, ou encore dans la zone industrielle de Saint-Priest (69), où de nombreuses entreprises doivent avoir accès au réseau 5G pour tester des usages professionnels. Mais les expérimentations démarrent seulement et pour l'heure, aucune partie prenante n'a accepté de répondre à nos questions. Les entreprises ne souhaitent pas dévoiler les secrets de leurs innovations à un stade si précoce, et les opérateurs qui participent à ces tests sont frileux, alors que des voix s'élèvent contre le déploiement de la 5G. Bouygues Telecom indique ainsi ne pas souhaiter communiquer en pleine période de mise aux enchères des fréquences 5G par l'état. 
 

Un enjeu stratégique

Pour l'ARCEP et pour le gouvernement, pas question de ralentir la cadence, au contraire. La 5G est "un enjeu stratégique pour l’industrie française, la compétitivité de notre économie, et la rénovation des services publics" notamment, indique l'organisme public. Déjà déployée dans une cinquantaine de pays, la 5G déploie des débits jusqu’à 10 fois supérieurs à ceux de la 4G, et un temps de latence (temps de réponse) divisé par 10, qui ouvre "des perspectives venant bouleverser les usages notamment professionnels, (...) les communications de masse entre machine (domotique, ville intelligente, Internet des objets, etc.)et des applications industrielles," selon l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR). Les communications 5G doivent permettre, par exemple, l'émergence des véhicules connectés, d'applications industrielles et plus généralement de l’Internet des objets.






 
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