Lyon : Le lanceur de balles anti-émeutes au coeur de la polémique

Le lanceur de balle (LBD), du moins l'usage qui en est fait par les policiers, est aujourd'hui très décrié
Le lanceur de balle (LBD), du moins l'usage qui en est fait par les policiers, est aujourd'hui très décrié

Les flash-ball font polémique. Le médiateur de la République demande leur retrait pur et simple. Les ophtamologues dénoncent les lésions irréversibles qu'ils provoquent chez les manifestants. Les policiers veulent conserver cette arme pour maintenir l'ordre dans le climat de violence actuel.        

Par Philippe Bette

Le "lanceur de balles de défense"(LBD) fait encore parler de lui. Le défenseur des droits demande que cette arme soit retirée de l'arsenal policier. Et les professionnels de santé alertent à leur tour sur la dangerosité de cet lanceur utilisé couramment par la police pour maintenir l'ordre. Loïc Bazin, un ophtamologue  lyonnais, a déjà opéré un homme touché au visage et qui a perdu son oeil. Il explique que la taille des balles en caoutchouc ne laisse aucune chance à la victime et qu'elle provoque des lésions qui peuvent s'avérer irréversibles, comme la perte d'un oeil. 

Joachim Diazongo a lui-même été blessé en juillet 2018 par un tir de "LBD" lors des échauffourées de la finale de la Coupe du monde de football. Le jeune homme a perdu son oeil gauche, victime d'un flash-ball, ce qui va le laisser handicapé toute sa vie. Il explique que son champ de vision s'en trouve définitivement altéré, ce qui l'empêchera sans doute de passer conduire. Sa mère ne comprend pas pourquoi la France maintient l'usage par la police de cet engin très dangereux pour les manifestants. Quoi qu'il en soit, la plainte de Jaochim pour "violences par prersonne dépositaire de l'autorité publique" a fait l'objet d'une enquête de la police des polices. Les conclusions sont attendues très prochainement. 
 

Le nouveau patron de la police a légitimé l'usage du flash ball dès son arrivée à Lyon, pour peu qu'il soit utilisé conformément au réglement, plus précisément sans viser la tête. Les syndicats de policiers refusent pour leur part de renoncer à cette arme qu'ils estiment dissuasive dans leurs missions de maintien de l'ordre. 
 
© InfographieAFP
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  Le reportage de Yaelle Marie et Arnaud Jacques : 

                             

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