Pass sanitaire obligatoire pour les employés : une contrainte supplémentaire pour les établissements recevant du public

Essentiel pour certains, casse-tête pour d’autres, le pass sanitaire impose aux entreprises et à leurs salariés d’être vaccinés pour poursuivre leur activité. A Lyon, salles de sports, restaurants, les lieux recevant du public doivent s’adapter aux règles imposées par le gouvernement.

A 1h du coup de feu, Jacky Galmann examine les tables de la brasserie Georges de Lyon. Nappes immaculées, couverts alignés, le directeur de l’établissement ne laisse rien au hasard. Désormais, il lui faudra aussi vérifier le pass sanitaire de ses salariés. A la tête d’une équipe de 98 personnes, il a dû anticiper.

« Je n’ai pas attendu aujourd’hui pour faire le point, ça fait plus d’un mois qu’on a dressé des listes pour essayer d’identifier au fur et à mesure les pass des collaborateurs. On est à peu près à 80 % des gens qui ont eu les deux doses donc un pass sanitaire en règle. J’ai environ 20 % de primo vaccinés qui ont des rendez-vous dans les jours prochains pour la deuxième injection.

Et puis, j’ai un récalcitrant, il est en vacances 3 semaines, il m’a dit «  je viendrai avec un pass sanitaire car je vais tout faire pour attraper le covid, ça me donnera droit au pass sanitaire !» ». Le restaurateur déplore l’état d’esprit atypique de son salarié mais reconnait qu'il ne s'agit que d'un cas isolé dans sa brigade.

Une contrainte supplémentaire

Le secteur de l’hôtellerie est un de ceux qui ont été le plus impacté par la pandémie et les confinements. Fermeture administrative puis ouverture partielle en terrasse puis jauge réduisant les clients en intérieur enfin pass sanitaire, autant de mesures qui alourdissent le quotidien des restaurateurs. « Je suis pour le pass sanitaire, par rapport aux clients, ça se passe bien et ça a un côté rassurant. Depuis le début, je le dis à mes collaborateurs on est à risque, dans le sens où on est au contact proche de clients qui déjeunent et qui dînent sans masque. J’incite à la vaccination. Ce que je regrette, c’est la précipitation. C’est très compliqué de recruter dans nos métiers depuis quelques temps, particulièrement depuis cette crise et on a besoin de tout le monde. Je n'ai pas les moyens de perdre même provisoirement une partie de mon effectif pour la rentrée. Globalement j’ai une équipe très pro et qui sont là depuis un certain temps, que j’ai envie de garder mais j’ai du mal à accepter qu’on nous prenne de court. »

Une mise en place trop précipitée

Sur son vélo de cardio-training, Jérémie Decollas s’apprête à donner un cours. Face à lui, une vingtaine d’adhérents, prêts à pédaler au rythme d’une musique de plus en plus rapide. Le coach sportif l’assure, il comprend les réticences de chacun « maintenant, on travaille dans le milieu de la santé et il faut mettre les adhérents en sécurité. Donc tous les salariés doivent se faire vacciner. »

PDG du groupe Wellness, Sébastien Duvanel dirige 9 centres de sport en France dont 5 en régions lyonnaise. Il a choisi de sensibiliser l’ensemble de ses salariés soit 200 personnes dès le mois de juillet et l’annonce à ce propos d’Emmanuel Macron. « Une majorité de salariés a pu accéder à son poste de travail mais malgré tout, il y en a toujours quelques-uns n’ont pas encore un schéma vaccinal complet ou d’autres qui ne souhaitent pas être vaccinés. On va les pousser à prendre des congés s’ils en ont. A partir du 15 si on ne trouve pas de solution, il y aura suspension du contrat de travail. Cela nous oblige à réagir vite et cela nous détourne de notre véritable activité qui est le sport et la réception des clients ».

Les entreprises recevant du public ont une semaine pour se mettre en conformité. Après ce délai le gouvernement prévoit des contrôles et des sanctions. En cas de manquement l'employeur risque la fermeture administrative de 7 jours pour son établissement. Si un manquement se répète à plus de trois reprises au cours d'une période de 45 jours, le Conseil constitutionnel  a validé la sanction d'un an de prison et de 1 000 euros d'amende en cas de 4 verbalisations dans un délai de 30 jours. Cette somme s'élèvera à 45 000 euros pour les personnes morales à partir de la cinquième verbalisation. 

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