Contrôle du pass sanitaire : "On ne veut pas que la Police se retrouve entre le marteau et l'enclume"

Pour le secrétaire régional du syndicat Alliance Police en Auvergne-Rhône-Alpes, la validation du pass sanitaire ce 5 août 2021 par le Conseil constitutionnel va amener une surcharge de travail dans les commissariats. Risque également de placer les policiers dans une position inconfortable.
Durant la crise Covid, la Police nationale a déjà vu se rajouter à ses missions le contrôle des attestations de sortie et du couvre-feu comme ici à Lyon, en décembre 2020.
Durant la crise Covid, la Police nationale a déjà vu se rajouter à ses missions le contrôle des attestations de sortie et du couvre-feu comme ici à Lyon, en décembre 2020. © Maxime Jegat/MaxPPP

"Si on est requis pour des contrôles, on ira. Certains décident, nous on exécute", nous déclare Pierre Tholly. Mais la perspective de demandes de contrôle lié au pass sanitaire, n'enchante guère le secrétaire régional du syndicat Alliance Police d'Auvergne-Rhône-Alpes. Au travail supplémentaire que cette nouvelle mission va engendrer, s'ajoute la crainte de revivre la situation peu confortable, "entre le marteau et l'enclume", déjà connue lors de la crise des Gilets Jaunes.

"On ne peut pas tout nous demander"

Le Conseil constitutionnel a validé ce 5 août la plupart des dispositions prévues dans la loi de gestion de la crise sanitaire Covid votée à la fin juillet. Résultat : des demandes d'intervention liées au contrôle du pass sanitaire à l'entrée des cafés, bars et restaurants pourraient bien arriver dans les commissariats, à compter du 9 août 2021, date d'entrée en vigueur des mesures voulues par Emmanuel Macron et son gouvernement.

"Cela va faire un travail supplémentaire et pas facile à faire", réagit tout de go, le secrétaire régional du syndicat Alliance Police. "On ne peut pas tout nous demander", estime Pierre Tholly, surtout qu'au sein de la Police, "les moyens ne sont pas extensibles".

On a déjà nos missions du quotidien, les violences urbaines. Et c'est comme la loi du marché : il y a l'offre et la demande, et il n'est pas possible de se démultiplier.

Pierre Tholly, secrétaire AURA d'Alliance Police

Pour le syndicat de policiers, les missions ont tendance à s'empiler depuis le début de la crise sanitaire Covid. Avec parfois des réquisitions jugées limites par rapport aux attributions. Mais qui surtout risquent de placer les forces de l'ordre au milieu d'un débat passionné.

"C'est pas très confortable"

Pierre Tholly ne réfute pas l'enjeu de santé publique que représentent l'application de la loi sanitaire et le contrôle du respect des mesures de restriction. Mais le syndicaliste souligne le débat passionné que cela suscite de tous les côtés. "Et on va se retrouver au milieu", regrette-t-il.

C'est comme lors de la crise des Gilets Jaunes. On ne veut pas que la Police se retrouve entre le marteau et l'enclume.

Mais quel type de contrôle pourraient mener les policiers concernant le pass sanitaire ? Pierre Tholly prend l'exemple des contrôles d'identité pour corrélation avec le nom indiqué sur le pass sanitaire. "Il est possible que l'on nous demande des contrôles, et cela va nous prendre des heures". Contrôler les employés et salariés ? Sûrement pas. "Cela relève du droit du travail", rétorque le représentant d'Alliance Police. "Le sujet est compliqué, au-delà même de nos problèmes à nous", conclut le policier.

 

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