Rodéos urbains et tirs de mortier dans la métropole de Lyon: le préfet de région face à l'exaspération des habitants

C'est un effet du déconfinement: des jeunes ont décidé de lâcher les chevaux. Rodéos à scooter ou à moto, tirs de mortier, feux d'artifice, incendies de voiture, des habitants de Lyon et de son agglomération sont excédés. Les autorités doivent trouver une réponse appropriée dans les prochains jours.
Rodéo urbains à moto dans le quartier du Terraillon à Bron (métropole de Lyon).
Rodéo urbains à moto dans le quartier du Terraillon à Bron (métropole de Lyon). © Page Facebook du collectif Bron-Terraillon "Agir ensemble contre les nuisances"
Le témoignage de Régis, membre du collectif Bron-Terraillon (métropole de Lyon) "Agir ensemble contre les nuisances", est révélateur.

"Les gens ont eu peur. Des gens du collectif m'ont appelé en me disant «je prends mon bébé et je pars du quartier, ce n'est plus possible. Mon bébé est terrorisé, je ne sais plus quoi faire pour le calmer.» On ne parle pas d'insécurité comme on l'entend partout, mais d'incivilité."

Régis du collectif "Agir ensemble contre les nuisances"
 



Depuis le confinement, les rodéos urbains, tirs de mortier, feux d'artifice ou incendie de voiture se sont multipliés dans Lyon et son agglomération. Ces événements perdurent. Invité du 19/20 de France 3 Rhône-Alpes ce mardi, le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Pascal Mailhos, a expliqué sa méthode pour en venir à bout.

"Je comprends l'exaspération des habitants. Il faut comprendre qu'on vient de vivre une période singulière, dans laquelle les gens ont été confinés puis déconfinés. Je suis convaincu qu'il y a des phénomènes qui se sont amplifiés et qui traduisent finalement cette difficulté à vivre la période que nous venons de passer" admet le préfet et de préciser qu'il n'a pas attendu ces événements pour prendre conscience du problème. "Entre 2019 et 2020, les interventions de police ont doublé sur les rodéos dans la métropole et 75% des opérations sont traitées par la justice."

Le préfet explique que les rodéos sont rapides. L'intervention de la police nécessite donc du temps pour permettre une interpellation en flagrant délit. Quant aux tirs de mortier, la solution au problème est d'un autre ordre pour le préfet. "Les tirs de mortier sont un commerce sous-terrain auquel on essaie de s'attaquer. Il se fait sous forme d'importations clandestines (pour contourner les interdictions à la vente), de plateformes souvent clandestines et de redistributions clandestines. J'ai demandé à la direction des douanes, à la direction de la répression des fraudes et à la police aux frontières de rechercher ces plateformes."

Pour régler les nuisances liées à ces événements, le préfet réunira les maires et le président de la métropole ce vendredi 24 juillet. "Je les réunirai thème par thème. C'est-à-dire sur les rodéos, les tirs de mortier, la lutte contre les stupéfiants et autres. De façon à regarder quels sont les moyens à mettre en oeuvre."
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