#STUDIO3. Carina Salvado donne un air pop au fado

Carina Salvado est une chanteuse lyonnaise aux origines portugaises. Elle n’a pas renié ses racines, mais en jeune femme de son époque elle sait mêler les influences jazz et pop à son univers portugais. Une très belle rencontre et une session live unique pour #Studio3.
 

Carina Salvado et Benoit Richou à la guitare
Carina Salvado et Benoit Richou à la guitare © Franck Giroud
La chanteuse lyonnaise, Carina Salvado, a comme beaucoup d’artistes subi les affres d’un calendrier très perturbé cette année. Elle a sorti avant le confinement de mars un nouvel album qu’elle a eu peu l’occasion de défendre sur scène. C’est dire si sa venue dans #Studio3 à l’automne est une chance pour nous d’entendre en live certains de ses nouveaux titres. L’album s’intitule "Fado pop". Car, pour cette artiste à la voix envoutante, il y a toujours un parfum de fado dans son répertoire, comme elle l’a raconté lors de cette session live.

Carina salvado, est-ce qu'on peut dire que vous êtes chanteuse de fado ?
Je ne sais pas si je peux répondre à cette question. Certains vont dire que non pas du tout et d'autres oui. Moi, je ne sais pas. En tout cas, le fado est un style musical qui vraiment m’habite, et je pense même, bien avant cette vie-là. J’ai beaucoup étudié cette musique. Je l'ai beaucoup apprise, et chantée. Je suis parti de là et j'ai tiré ce fil avec ma propre histoire.  Après, c'est un gros mélange d'influences, mais je ne peux pas enlever le fado de mes albums parce que c'est une part trop importante de ce que j'exprime.

Et pourtant le fado n’est pas votre première approche de la musique…
Je n’ai pas du tout commencé par ce style-là, j'ai fait du jazz de l'électro et en travaillant dans un magasin de disques autour de 22 ans, j'ai écouté du fado pour la première fois, même si je suis d'origine portugaise et que je voyage beaucoup au Portugal. J'ai eu vraiment un choc et je me suis dit, c'est ça. Quoi que je fasse, tout va partir de là.

Quelles sont les thèmes que vous abordez ?
Mes chansons sont écrites de manière poétique. C'est le thème de l'amour et de la liberté qui est beaucoup décliné. Elles sortent du fond de mon âme. Avec ma propre poésie.

Dans votre album, on n’est pas que dans du fado,  vous l'avez appelé fado pop quelles sont les différentes sources, si l'on peut dire, les différents points sur lesquels vous vous êtes appuyés dans l'album ?
Evidemment, le fado parce que je ne pouvais pas l’enlever. Il y a d'ailleurs une reprise d'un traditionnel qu'on fait à notre sauce évidemment. Et sinon il y a aussi un morceau des Rare Birds, un groupe des années 70. Et puis il y a beaucoup d'écriture personnelle, il y a l’Ave Maria de Schubert. Voilà, j'aime beaucoup aussi ces univers-là, sur lequel j'ai écrit un texte en portugais. J'ai le fado dans une main qui ne me quitte pas. C'est pour ça que ce disque s'appelle fado pop.

Quels sont vos choix d’accompagnement instrumental ?
Je n'ai jamais eu la formule fado traditionnel avec la guitare portugaise. Ça a été vraiment un choix. C'est en rapport à ma vie, à mon environnement, aux musiciens que j'ai pu rencontrer. Sur le disque, je travaille avec un contrebassiste et un guitariste qui utilisent beaucoup maintenant la guitare électrique et j'ai eu envie de mettre des cordes, il y a aussi du piano et du bugle. Ce sont des sonorités influencées beaucoup par le jazz. Le fado me donne cette liberté justement très proche du jazz dans la façon dont on l’interprète. La musique, c'est raconter sa propre histoire. Elle reste du fado, mais avec mes émotions et mon histoire. Une histoire qui est plus française que portugaise malgré tout.

Vos influences restent lusitaniennes ?
Mes deux parents sont portugais. Toute ma famille est là-bas. J'ai un grand-père de Sao Tomé, qui est né de l'Union d'une esclave et d'un colonisateur. Et je suis né en France, donc ma culture est française. Mais vous savez ce qu'on porte en nous est beaucoup plus fort que ce qu'on peut construire dans notre lieu de naissance.

Carina Salvado nous a proposé trois titres, trois facettes de son beau répertoire


Cantiga contigo
C’est "une chanson avec toi", c'est une chanson qui dit "je ne veux pas chanter seul", et qui sait si elle est fadiste, mais en tout cas elle le fait avec toute la vérité qui l'habite encore une fois à sa "façon pop".
O chico da Mouraria
Il fait partie du répertoire traditionnel portugais et pour ce morceau, Carina n’a qu’un mot à dire c'est : Argentina Santos. Une chanteuse qu’elle aime beaucoup. Et qui est la grande interprète de ce morceau.
O tempo
C’est le morceau des Rare Birds qu'elle a revisité, sur lequel elle a écrit un texte. C’est le temps qu'on a envie d'arrêter avec sa main, mais qu'on ne peut pas stopper. Un vrai petit bijou de reprise.
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