Suspension en cas de non-vaccination contre le Covid : les sapeurs-pompiers ont le sentiment d'une punition

Punition, injustice... Certes, le licenciement a été retiré du projet de loi sur l'extension du Pass sanitaire, mais les sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon ont toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Faute d'êtres vaccinés, ils pourront être suspendus et privés de salaire.
Après avoir participé à la campagne de vaccination, les sapeurs-pompiers vont devoir eux-mêmes justifier avoir reçu les deux doses contre le Covid, sous peine d'être suspendus.
Après avoir participé à la campagne de vaccination, les sapeurs-pompiers vont devoir eux-mêmes justifier avoir reçu les deux doses contre le Covid, sous peine d'être suspendus. © Yves Salvat/MaxPPP

Au lendemain de l'adoption par les parlementaires de la loi sanitaire pour l'extension du pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour certains professionnels, il y a d'abord eu une forme de soulagement. La menace du licenciement des soignants et des sapeurs-pompiers est écartée. Mais les parlementaires ont validé une autre sanction : la suspension, sans solde, du contrat de travail des agents qui ne seront pas vaccinés contre la Covid. Ce 26 juillet 2021, la mesure a du mal à passer. Exemple avec le syndicat SUD au sein du Service Départemental et Métropolitain d'Incendie et de Secours à Lyon.

"Cela reste une sanction très forte"

Nicolas Laumet est représentant du syndicat SUD au sein du SDMIS 69, et il s'inquiète déjà des conséquences de la parution au Journal Officiel de la loi sanitaire entérinée par les parlementaires le dimanche 25 juillet 2021. Dans un délai très court, explique-t-il, "les personnes qui pourront venir travailler seront celles qui pourront présenter un schéma vaccinal complet ou un pass sanitaire. On a donc des collègues qui, pour venir travailler, vont devoir faire jusqu'à trois tests PCR par semaine". Mais surtout, à compter du 15 septembre, ce sera la suspension de contrat.

Cela reste une sanction très, très forte. On a quand même une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Elle est moins lourde, certes, mais elle est toujours en place.

Nicolas Laumet du syndicat SUD au sein du SDMIS 69

Le syndicaliste dit avoir déjà eu contact avec une dizaine de sapeurs-pompiers en demande de soutien. Se faire vacciner contre le Covid était jusqu''ici un choix personnel. Au sein du Service Départemental et Métropolitain d'Incendie et de Secours 69, 50% des sapeurs-pompiers sont déjà vaccinés avec les deux doses. Certains sont partis en vacances et n'ont pas pris le temps de prendre rendez-vous pour se faire administrer les doses nécessaires. Et désormais, la vaccination est devenue obligatoire pour les hommes du feu.

"Une obligation déguisée... Une punition"

Sans présentation d'un test négatif ou sans schéma vaccinal complet, au 15 septembre 2021, ce sera suspension du contrat. "Cela veut dire que l'agent se retrouve sans solde. Sans revenu", regrette d'ores et déjà Nicolas Laumet. Et dans la fonction publique, impossible de "travailler à côté pour compenser", car le contrat de travail est suspendu, et non pas rompu. 

Déjà vacciné ou pas, chez les sapeurs-pompiers de la Métropole de Lyon, il règne comme un sentiment d'injustice après l'adoption de la loi sanitaire. "On n'oblige pas la population mais on oblige les professionnels. Si on veut rester pompier, il faudra être vacciné". Le constat a un goût amer. 

On a vraiment le sentiment d'une punition alors que l'on n'a rien fait. On a des moyens de protection qui sont très efficaces. On a les masques, les gants, les surblouses qui nous protègent et ont fait leurs preuves. Et on se retrouve quand même avec des sanctions fortes qui peuvent être appliquées tout de suite. Certes on n'est pas licencié, mais on est quand même suspendu. Donc on est puni..

Nicolas Laumet, représentant Sud au SDMIS 69

Après les annonces du président de la République, Emmanuel Macron, du 12 juillet, sept organisations syndicales de sapeurs-pompiers avaient réagi par une motion. Un courrier avait été envoyé aux députés et sénateurs pour dénoncer "le licenciement pur et dur envisagé" pour les professionnels non-vaccinés. "La pression et la menace de suspension et licenciement se situent à des années lumières du "vacciner sans contraindre" de l'Organisation Mondiale de la Santé", mentionne notamment le texte. Exit l'idée du licenciement, mais les parlementaires ont gardé la notion de sanction. 
 

 

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