Sylvie Selig installe sa toile gigantesque au Musée d'art contemporain de Lyon

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Le Musée d'art contemporain de Lyon prépare deux nouvelles expositions. Un chantier intensif de deux mois pour tout installer à temps ©France Télévisions

Le Musée d'art contemporain de Lyon prépare deux nouvelles expositions. Elles seront visibles à partir du 8 mars 2024 pour une durée de quatre mois. En attendant, l'institution est en chantier.

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"C'est la première fois qu'on installe une œuvre aussi longue, de 140 mètres", explique Lauriane Vatin, régisseuse d'œuvres au Musée d'art contemporain de Lyon. Au premier étage de cette institution culturelle, sur 1000 m², c'est la toile gigantesque de l'artiste Sylvie Selig qui est en cours d'installation. "River of no return" donnerait presque un peu de fil à retordre aux installateurs et régisseurs. 

Dans les méandres de la toile

Depuis plusieurs jours, Lauriane Vatin et Pierre-Loïc Bailleul s'assurent du bon accrochage des 10 panneaux de 14 mètres chacun. Déroulage des panneaux, fixation sur un support en bois. Un support conçu comme un serpentin. Ils mettent la main à la pâte pour s'assurer que la toile ne subisse aucun dommage. L'installer est un véritable tour de force et d'ingéniosité. Un travail de concentration aussi. Tout est affaire de tension de la toile sur la structure : "il faut dérouler la toile petit à petit. Les parties en creux sont plus complexes parce que la tension de la toile se fait moins naturellement. C'est plus facile quand la structure est convexe, plutôt que concave", explique-t-elle. Après avoir installé sur le serpentin de bois la toile avec des pinces, une restauratrice sera chargée de faire les raccords entre les panneaux. 

L'œuvre est entrée dans les collections du musée grâce à une opération de crowdfunding et sera présentée dans son intégralité pour la première fois. Inédit pour l'artiste aussi qui a peint cette toile par fragments. Pour cette exposition, c'est le choix de la suspendre qui a été retenu. L'œuvre occupera tout l'espace. "L'idée du commissariat était d'avoir des toiles suspendues et pas forcément plaquées au mur. Il fallait aussi se poser la question : comment faire entrer 140 mètres de toile dans cet espace", explique Pierre-Loïc Bailleul. "Il y avait aussi cette envie de laisser la toile libre dans l'espace. Pas de mur pour fermer l'espace, mais quelque chose de relativement ouvert, couplé à la suspension. Ce qui donne un aspect léger, flottant", ajoute le régisseur général des collections. À l'arrivée, un récit qui serpente dans la pièce. Une œuvre en suspension qui représente un voyage, l'odyssée de trois personnages embarqués sur un fleuve au gré de ses méandres. 

Chantier et renouveau 

À l'étage supérieur du musée, c'est aussi le chantier. Tout aussi colossal, mais très différent. Plus bruyant et plus poussiéreux. L'immense espace intérieur de 1200 m² a été entièrement réorganisé pour accueillir "Désordres", l'exposition aux 200 pièces tirées de la collection particulière d'Antoine de Galbert. Différents corps de métier sont à pied d'œuvre depuis plusieurs semaines : on ponce, on visse, on découpe, on assemble et la mise en peinture des salles va commencer. Tout doit être prêt pour le 8 mars prochain. 

Si l'exposition précédente a été démontée, il reste en encore quelques traces sur les murs. "Dans la scénographie précédente, il y avait très peu de cimaises. Il a fallu reconstruire toutes les salles", explique Olivier Emeraud, directeur technique du musée. Les salles sont délimitées par des murs à la structure de bois et recouverts de placo. Le réemploi est aussi la règle. "On réutilise tout ce qu'on peut pour chaque exposition. On coupe des blocs de murs qu'on fait glisser au sol et que l'on remet dans les espaces", précise-t-il.

"Deux mois de chantier intensif et au total, plus d'une trentaine de personnes qui travaillent entre les installations, le montage, la démolition et la construction," assure Olivier Emeraud. Le renouveau est une marque de fabrique dans l'art contemporain. Un renouveau complet pour le musée. L'effet de surprise est à chaque fois total pour le visiteur. "Tous les six mois, tout est reconstruit. Chaque scénographie est différente. Ça permet de changer, les visiteurs ne voient jamais le même espace. Ils sont perdus à chaque nouvelle exposition", conclut Olivier Emeraud.

Le macLyon offre sa première exposition muséale mondiale à l'artiste Sylvie Selig, coup de cœur de la 16ᵉ Biennale de Lyon. L'œuvre, "River of no Return", est présentée du 8 mars au 7 juillet 2024. L'exposition "Désordres - Extraits de la collection Antoine de Galbert" est également présentée aux mêmes dates.