Toujours occupé par un collectif, l'Opéra de Lyon doit reporter sa réouverture au public

Malgré des négociations répétées avec la Ville de Lyon, les occupants de l'Opéra national n'ont pas quitté les lieux. L'institution a déposé un référé auprès du tribunal pour obtenir une décision d’expulsion. Les représentations du Coq d’Or des 23 et 26 mai sont annulées.

L'Opéra de Lyon doit reporter sa "rentrée" post-confinement, en attendant une décision de la justice concernant l'occupation des lieux
L'Opéra de Lyon doit reporter sa "rentrée" post-confinement, en attendant une décision de la justice concernant l'occupation des lieux © Thierry Swiderski

Sur le parvis de l’Opéra, a été installée depuis quelques temps une banderole « Non à la réouverture sans droits sociaux ». Les occupants sont toujours présents dans les locaux.

L’Opéra de Lyon a déjà dû annuler des résidences d’artistes et étudiants. "Aujourd’hui nous sommes contraints, malgré les tentatives de dialogue et des propositions faites aux occupants, de renoncer à nos spectacles. En effet, l’occupation de l’Opéra de Lyon, notamment pour des raisons sanitaires et de sécurité, n’est pas compatible avec une réouverture au public" explique l'institution.

Des propositions de la Ville de Lyon

De son côté, l'adjointe au maire de Lyon en charge de la culture Nathalie Perrin Gilbert avait également abordé ce sujet lors de la conférence de presse de réouverture des lieux culturels lyonnais : "Je les ai rencontrés à trois reprises. Je leur ai demandé de quitter les lieux pour que l'Opéra puisse reprendre sa programmation et accueillir l'ensemble des équipes. Nous leur avons fait plusieurs propositions, parmi lesquelles trouver un lieu pour qu'ils puissent continuer à réfléchir ensemble et d'éventuelles prises de parole en amont de représentations publiques culturelles."

"Nous sommes aussi préoccupés par la précarité des artistes et des étudiants" explique Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture à la Ville de Lyon
"Nous sommes aussi préoccupés par la précarité des artistes et des étudiants" explique Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture à la Ville de Lyon © Yannick Kusy

La Ville de Lyon ne cache pas qu'elle souhaiterait trouver une issue "par le haut" à cette crise avec les occupants, rappelant qu'elle soutient un certain nombre de leurs revendications. "Nous sommes aussi préoccupés par la précarité des artistes et des étudiants" a précisé l'adjointe à la culture.

"Un dialogue de sourds" pour les occupants

De leur côté, dans un communiqué publié récemment en réponse aux demandes d'évacuation, les occupants dénoncent un manque de dialogue direct avec la direction de l'Opéra : "Alors même que nous habitons le même bâtiment que Monsieur Serge Dorny, directeur de l’opéra, à quelques marches d’escaliers, nous assistons à un dialogue de sourd. Quel manque de courage que de s’exprimer sur les réseaux en refusant le dialogue avec les occupations. Nous avons toujours été ouvert.e.s au dialogue et refusons d’être considéré.e.s comme les coupables de la non reprise des activités artistiques. Depuis le début de nos occupations, le message a été clair : nous nous battons pour obtenir une justice culturelle, écologique, économique et sociale." est-il expliqué.

C'est donc sans doute la justice qui devra trancher. L’Opéra de Lyon a déposé un référé auprès du tribunal pour obtenir une décision d’expulsion des occupants.

Dans l’attente de l’audience prévue le 27 mai, l’institution ne pourra pas accueillir de public aux représentations du Coq d’Or des 23 et 26 mai. A ce stade, la suite des représentations du Coq d’Or, les concerts et le ballet Peeping Tom sont maintenus.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
opéra culture musique manifestation économie social