Tarare (Rhône) : Une émission de radio filmée pour parler des jeunes en difficulté

La Mission locale rurale de Tarare donne la parole aux jeunes sortis du système scolaire. Diffusée sur Youtube, ML Info#1 met en lumière des jeunes gens souvent en galère, que l’on a finalement peu entendus depuis le début de la crise sanitaire. 

Radio Mission Locale : la mission locale de Tarare donne la parole aux jeunes en galère
Radio Mission Locale : la mission locale de Tarare donne la parole aux jeunes en galère © ML Tarare

L'émission s'appelle MLInfo#1. Il n’y a pas que de la souffrance, mais beaucoup de choses à dire. Les jeunes parlant aux jeunes, voilà le principe de l’émission. « Mais des jeunes qui ont vécu des situations difficiles depuis un an et dont on a peu parlé », dit Claire Vidal, la chargée de projet de la Mission Locale. Or, ces jeunes ont besoin qu’on les entende. Que les institutions sachent qu’ eux aussi ont vécu les soubresauts de cette crise avec, dans certains cas, des galères à n’en plus finir.

Ainsi, Anaïs, 21 ans, qui a perdu son job juste avant la crise Covid alors qu’elle travaillait justement pour reprendre et payer ses études. Titulaire d’un bac artistique, elle voulait intégrer une école de graphisme 3D. Pour elle, l’émission est un moyen de raconter son histoire, de s’exprimer librement sur cette période tout en partageant son expérience douloureuse auprès d’autres jeunes, ses auditeurs. « En participant à cette séquence de radio filmée, je fais aussi comprendre à tous ceux qui ont galéré qu’ils ne sont pas les seuls dans cette situation et que l’on peut trouver des solutions », explique-t-elle.

Et de citer en exemple ses camarades qui ont dû rendre leur location, faute de moyens pour la payer, avant d’opter pour du « woofing », en travaillant dans des exploitations agricoles contre le logement, nourris, blanchis. Pas vraiment ce qu’ils pensaient au départ…

Lucie, 19 ans, avait entamé un BTS en alternance dans le secteur social, mais faute de lieu de stage, Covid oblige, pour suivre sa formation, elle a dû abandonner et se rabattre sur un travail en usine, en trois-huit sur un site de production de joints en caoutchouc des Monts du Lyonnais.

Les étudiants… et les autres

Si l’on a beaucoup abordé, et à juste titre, du sort de nombreux étudiants confinés et perdus dans leur vie solitaire, parfois sans moyens pour se nourrir correctement, le sort de ces jeunes en dehors des parcours traditionnels mérite un coup de projecteurs. C’est tout l’intérêt de cette émission : les mettre en lumière et leur permettre d’exprimer ce qu’ils ont ressenti.

« Ces jeunes ont été durement impactés par la crise sanitaire », fait remarquer Claire Vidal, qui a mis en place ce type de média en concertation avec le Pôle média des Missions Locales. « Dans ces émissions, ils peuvent évoquer ces passages à vide, leurs situations personnelles, et au bout du compte reprendre confiance en eux .»

Pour les Missions Locales, il est important pour ces jeunes de trouver une crédibilité qu’ils n’ont, pour la plupart, jamais connue. « Ce sont souvent des jeunes qui ont peur ou honte, ou les deux, de prendre la parole. Là, c’est possible. Leur parole est crédible parce qu'énoncée », estime Thierry Receveur, le directeur de la Mission Locale de Tarare.

Radio filmée 

Les émissions sont diffusées sur Youtube. Elles sont préparées par les jeunes avec Claire Vidal qui apporte des éléments de structuration plus que de contenus. « C’est un moment de radio par les jeunes pour les jeunes. Ils s’expriment sans préjugés, sans contrôle mis à part la recommandation de parler correctement, d’employer des termes qui restent polis. Sinon, ils peuvent tout dire, parler avec leur franchise et leur ton, comme ils l’entendent. Du coup, c’est très vivant, souvent très émouvant. » confirme Claire Vidal. A charge aux participants d’évoquer les propos de ceux qu’ils croisent à la Mission Locale entre autres. Comme ce jeune qui s’est retrouvé à la rue et qui a finalement été relogé par Emmaüs. Des galères plus ou moins dures qui parfois se terminent moins mal qu’elles n’ont commencé.

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