Augmentation du temps de travail et suppression des ATSEM, la tension monte à la mairie de Chambéry

Hier soir l'irruption d'une centaine de manifestants et le remue-ménage ont révélé une tension croissante à la ville de Chambéry. Le maire Michel Dantin pointe les syndicats, quand l'opposition dénonce un manque de dialogue. 

Par TD

"Ce qui s'est produit hier soir, c'est inadmissible" tempête Michel Dantin. Le maire LR de Chambéry raconte avoir vu entrer le groupe de manifestants en tout début de conseil municipal hier soir. 

"Je leur ai donné la parole puis j'ai ouvert la séance". Mais ce qui l'a, dit-il, réellement choqué, ce sont les huées au moment de la minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat de Trèbes. 

"Cela discrédite totalement leur démarche" ajoute-t-il au sujet des 170 personnes présentes. Il s'agissait en majorité d'agents de la ville syndiqués CGT et FO, mais aussi de représentants de la communauté éducative et de parents d'élèves. 

Après cela, la lumière a été coupée dans la salle et c'est alors que le maire a demandé à la police d'intervenir pour évacuer les manifestants.

Une heure et demi plus tard, la délibération concernant le temps de travail des personnels de la ville était votée, de même que le budget, et la suppression des seize postes d'ATSEM entérinée. 

C'était là les deux revendications, les deux causes de la grogne et de la mobilisation depuis plusieurs semaines.

A la ville de Chambéry, la tension monte progressivement depuis des mois. Les relations n'ont jamais été très bonnes depuis le début de la mandature entre le maire et les syndicats, mais cela s'aggrave. D'après Michel Dantin, les syndicats refusent systématiquement de se mettre à la table de négociation, il évoque une totale absence de dialogue. 

"Et cela a pris une tournure démesurée ces dernières semaines à l'approche des élection syndicales" commente-t-il. "J'ai moi-même été syndicaliste pendant 20 ans, il y a des limites qu'on ne peut pas franchir". 

Concernant les postes d'ATSEM supprimés à la rentrée 2018, le maire assure que l'encadrement des enfants n'en souffrira pas, que Chambéry est dans la moyenne des grandes villes de Savoie comme Aix-les-Bains ou la Motte-Servolex avec 0,8 ATSEM par classe.

"Il n'y aura pas de licenciement" poursuit-il, "et toutes les personnes concernées se verront proposer des reclassements à la ville de Chambéry dans le secteur de la petite enfance, crèche ou halte garderie". 

Mais les personnels de la ville étaient là pour une autre raison encore, la re négociation de la convention concernant l'augmentation de leur temps de travail. "Depuis septembre les syndicats refusent d'y prendre part" ajoute Michel Dantin.  

Les discussions se déroulent à l'occasion de comités techniques, dans chacun des services. Mais lors du dernier, le ton est monté d'un cran. Un élu et un cadre ont été, toujours d'après le maire, bousculés. Une main courante a même été déposée. 

L'opposition évoque une situation inquiétante

Hier soir après l'évacuation des trouble-fêtes, le Conseil municipal s'est tenu à huis clos. Les élus de l'opposition ont alors décidé de quitter la salle à leur tour. 

"Il n'y a eu aucune ouverture de dialogue" explique Guy Fajeau, du groupe "Chambéry Cap à gauche". "Je ne comprends pas l'attitude de Michel Dantin, d'autant qu'il n'y avait pas d'urgence à prendre une décision, les ATSEM c'était en septembre 2018, et le temps de travail des agents le 1er janvier 2019." 

"Le maire a voulu passer en force", ajoute le conseiller municipal, ex Front de gauche. "Dans ces conditions il n'y avait pas de raison de poursuivre le conseil". 

"J'ai vu une colère et une exaspération étonnantes" poursuit-il, "j'ai été surpris". "Un élu a même bousculé une parent d'élève"

L'élu ne croit pas du tout à la raison économique concernant les ATSEM, pour lui c'est un "choix politique". "Et avec la scolarité obligatoire à 3 ans, il va bien falloir des personnes pour encadrer les classes". 

"Quand à la souffrance au travail à la ville de Grenoble, elle existe bien" conclue-t-il. 

"Michel Dantin, c'est le Juppé de Chambéry" ironise-t-il, "droit dans ses bottes". "Sauf qu'en 95 il y a eu une issue positive, espérons que ce soit pareil pour Chambéry". 

Enfin sur la minute de silence non respectée, Guy Fajeau assure que les micros étaient coupés et que "personne dans la salle n'avait compris qu'il y avait un moment de recueillement". 


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