Blocage de la prison de Chambéry : “c'est le 3e jour sans parloir, ça va commencer à crier”

Maison d'arrêt de Chambéry, le 22 janvier 2018 / © Sophie Pellerin - France 3 Alpes.
Maison d'arrêt de Chambéry, le 22 janvier 2018 / © Sophie Pellerin - France 3 Alpes.

Le mouvement des surveillants de prisons se poursuit pour la 10e journée, alors qu'aucun accord n'a été trouvé avec le gouvernement. Le blocage bouleverse aussi la vie des détenus et de leurs proches, privés de parloir depuis trois jours à Chambéry.

Par CS et IG

Plus de parloirs, plus de livraisons sauf de pain et de médicaments, promenades assurées tant bien que mal... A la maison d'arrêt de Chambéry, les tensions montent. Les surveillants poursuivent leur mouvement de blocage pour la 10e journée, au lendemain d'une réunion des syndicats avec la ministre Nicole Belloubet.


Aucune livraison, sauf le pain et les médicaments

Insatisfaits de sa proposition d'augmentation de salaires, ils ont appelé les agents pénitentiaires à continuer le mouvement. A Chambéry, il était suivi par près de 90% du personnel.

"On a fait rentrer les médicaments et le pain, mais toutes les livraisons alimentaires à l'intérieur de la prison par voie de camion sont refoulées", indique Pierre-Olivier Sage, agent pénitentiaire. Le service est assuré au minima. Le directeur de l'établissement doit aussi mettre la main à la pâte, et distribuer lui-même le courrier aux tribunaux.


A l'intérieur, c'est le service de nuit, réquisitionné, qui assure le fonctionnement au minimum. Mais pour les détenus, les conditions deviennent de plus en plus difficiles. "C'est le 3e jour sans parloir, donc ça va commencer à taper aux portes et à crier", pense Thierry Gidon, délégué FO. "Je ne sais même pas si les promenades vont être assurées aujourd'hui."

Aucun parloir depuis 3 jours

Si la situation en prison dégénère est-ce que cela servira leur mouvement ? C'est ce que dit, à demi-mot, ce délégué syndical : "A un moment donné, quand on est pas écouté, s'il y a du désordre à l'intérieur, ça nous aide."

Le conflit entre les surveillants et le gouvernement s'enlise... L'indemnitaire proposée par la ministre n'a pas satisfait les surveillants. Car comme le pense Christelle Sage, déléguée UFAP : "un billet de 50 euros n'a jamais protégé personne contre une arme et contre la violence au quotidien".

Reportage : I. Guyader, D. Albrand, E. Achard / Intervenants : Pierre-Olivier Sage Agent pénitentiaire, Thierry Gidon Délégué FO.

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