Du sursis requis contre le policier qui aurait matraqué un marginal à Chambéry

Jeudi 3 mars, 3 ans de prison avec sursis ont été requis en appel à l'encontre d'un ancien policier de la brigade anticriminalité (BAC) accusé d'avoir gravement blessé un marginal à Chambéry. En première instance, il avait écopé d'une peine de prison ferme. 

Par Franck Grassaud et Céline Aubert

Le policier, Pierre Lombard, 45 ans, avait été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, par le tribunal correctionnel de Chambéry en mars 2015. Cette fois, c'est devant la cour d'appel de Chambéry que le cas du fonctionnaire a été examiné. Et le réquisitoire est bien plus clément.



Pour l'avocat général Bernard Beffy la première peine était "d'une sévérité exceptionnelle". Lui, ne voit pas "l'utilité" d'envoyer le prévenu en prison. "Nous ne sommes pas là pour assurer une vengeance, une vindicte", a estimé le magistrat.

"Vous condamnerez M. Lombard. Mais vous ne condamnerez pas pour avoir exercé une vengeance privée (...) ou parce qu'il a voulu faire son métier. Vous le condamnerez pour des violences volontaires", a-t-il déclaré, en réclamant également une interdiction professionnelle de 10 ans.

Le caractère volontaire des violences n'est pas contestable, selon l'avocat général, qui a souligné que le policier avait porté des coups de tonfa (matraque) "absolument pas justifiés" sur la victime qu'il a en outre fait tomber à terre par un croche-pied. "Force est de constater que (le prévenu) a eu une réaction disproportionnée", a-t-il pointé.

La victime, Mickaël Verrelle, 35 ans aujourd'hui, a passé plusieurs semaines dans le coma après les faits, avec son pronostic vital engagé. Il se déplace à présent en claudiquant, avec un bras mort et a de grandes difficultés d'élocution. "Vous êtes un miraculé", lui a dit le président de la cour d'appel à l'audience.




A aucun moment, je ne l'ai frappé"


L'avocat général a cependant retenu comme circonstance atténuante la personnalité de M. Verrelle, "un ivrogne qui depuis des années perturbe la tranquillité du centre-ville de Chambéry", connu pour sa "mendicité agressive" ou des faits de violence conjugale. Il présentait un taux d'alcool de 3,57 grammes dans le sang au moment des faits.  

Le drame s'était noué dans la nuit du 23 au 24 avril 2010, dans le Parc du Verney, lorsque les policiers intervenaient sur une rixe entre jeunes alcoolisés. Malgré sa banalité, l'intervention tournait mal. Des témoins disent avoir vu M. Lombard frapper Mickaël Verrelle à coups de matraque à plusieurs reprises, notamment alors que ce dernier était à terre, ce que le policier conteste. "A aucun moment, je ne l'ai frappé avec le tonfa (...) La blessure a été provoquée par une chute", a-t-il assuré à la barre, tout en reconnaissant avoir fait tomber la victime pour l'interpeller.

 






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