Le parquet général favorable à l'extradition d'un milliardaire ukrainien arrêté en Savoie

Kostiantin Jevago, homme d'affaires recherché en Ukraine et ex-député arrêté le 28 décembre en Savoie, pourrait être extradé vers son pays. Ses avocats ont dénoncé le "caractère politique" de l'affaire.

Vers une extradition du richissime homme d'affaires ukrainien ? Le parquet général de Chambéry s'est dit favorable, jeudi 16 mars, au renvoi vers l'Ukraine de Kostiantin Jevago. Ses avocats ont au contraire dénoncé les risques de le renvoyer dans un pays en guerre.

"Il n'y a pas de motifs de refuser l'extradition", a conclu devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Chambéry l'avocat général Richard Pallain, soulignant qu'une "partie de l'Ukraine" ne se trouvait pas en situation de "conflit d'intensité", ce qui "permettrait" de renvoyer l'homme d'affaires ukrainien dans son pays.

Les avocats de l'ancien député - de 1998 à 2019 - ont mis en avant les risques encourus par leur client en cas d'extradition dans un pays "classé écarlate" par le ministère français des Affaires étrangères sur "tout son territoire".

"Hors-piste judiciaire"

"On ne renvoie pas des gens en zone de guerre", a insisté François Zimeray, tout en dénonçant "le caractère politique" que revêt la demande des autorités ukrainiennes. "L'Ukraine, c'est du hors-piste judiciaire", a-t-il résumé. L'affaire a été mise en délibéré au 30 mars.

Fondateur de l'entreprise minière Ferrexpo, Kostiantin Jevago avait été interpellé le 28 décembre à Courchevel, en Savoie. Il est accusé d'avoir détourné 113 millions de dollars de sa banque Finance and Credit Bank.

"Je crois en la justice française et j'espère que vous allez entendre les arguments de mes avocats", a déclaré en fin d'audience M. Jevago, qui comparaissait libre mais sous contrôle judiciaire. Entendu à la barre de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Chambéry en janvier, il dénonçait "une affaire politique".

En tant que député, il a siégé tantôt en tant qu'indépendant, tantôt dans le camp de l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko.

Avec AFP