Lyon-Turin : la proposition du COI "ridiculise les gouvernements français passés et actuel" selon le maire de Chambéry

Quelles voies d’accès pour le Lyon-Turin ? La question se pose toujours alors que le Comité d’orientation des infrastructures doit rendre un rapport prochainement, remettant en cause les voies d’accès au tunnel et donnant la priorité à la modernisation d’une ligne déjà existante. Thierry Repentin, le maire divers gauche de Chambéry a réagi dans le 12/13 de France 3 Alpes.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Elles devaient traverser le nord de l’Isère et passer sous la Chartreuse ou près de Chambéry, grâce à de nouveaux tunnels... Les voies d'accès au tunnel du Lyon-Turin ne verront peut-être jamais le jour.

En effet, comme nous vous le révélions dans cet article, un rapport très attendu devrait être rendu par le Comité d’orientation des infrastructures (COI), une instance consultative placée auprès du ministre chargé des Transports, afin d'aiguiller la décision du gouvernement.

Ce rapport remet en cause les voies d’accès au tunnel en donnant la priorité à la modernisation de la ligne existante entre Dijon et Modane, une ligne aujourd’hui vétuste et qui permettrait au mieux, le passage de 17 millions de tonnes de fret, soit deux tiers de l’objectif initial du Lyon-Turin qui est de 25 millions de tonnes de marchandises par an.

"Un comité Théodule" selon Thierry Repentin

Le maire (DVG) de Chambéry, en Savoie, réagit à cette nouvelle dans le 12/13 du jeudi 26 janvier. "Depuis les années 90, nous parlons de l’obligation de désengorger les Alpes à la fois pour les trafics de marchandises mais également de favoriser les transports de voyageurs" constate l’édile, "et voilà qu’un rapport d’un comité Théodule (qui a peu ou pas d’utilité, ndlr) dit que tout cela est du passé et que nous devons moderniser une infrastructure plutôt que d’en créer une nouvelle."

Le tunnel de base sous les Alpes est en train de se construire et donc il faut des voies adaptées à la capacité de ce nouveau tunnel.

Thierry Repentin, maire de Chambéry

à France 3 Alpes.

Si le gouvernement suit les préconisations du Comité, Thierry Repentin craint plusieurs "conséquences dramatiques".

"Conséquences dramatiques"

Thierry Repentin évoque tout d’abord les nuisances pour les riverains avec le passage de 200 trains de marchandises par jour dans l’agglomération chambérienne qui serait "totalement asphyxiée par une explosion de trains de marchandises".

Aujourd’hui, il en passe environ 35 par jour.

Thierry Repentin, maire de Chambéry

à France 3 Alpes.

"Je serais d’ailleurs très intéressé de savoir si ce rapport a pris en compte les nuisances pour les riverains" se questionne l’élu. Autre "conséquence dramatique" : l’impossibilité de développer l’offre de TER (Transport express régional).

Une proposition qui "ridiculise les gouvernements français"

La proposition de ce comité "ridiculise les gouvernements français, y compris au plus haut niveau de l’Etat et les présidents de la République qui ont toujours soutenu la nécessité d’une infrastructure nouvelle" assène le maire de Chambéry.

C’est un discrédit des gouvernements passés et actuel.

Thierry Repentin, maire de Chambéry

à France 3 Alpes.

C’est également, selon l’élu, un "affaiblissement de la France à l’échelle internationale", en raison "de l’accord avec l’Italie qui accepte de payer plus en raison de ces voies nouvelles". De plus, 50% de l’investissement devait être pris en charge par l’Union Européenne "sur ces voies nouvelles" explique Thierry Repentin.

Le gouvernement peut-il enterrer ce rapport ?

Considérées comme non prioritaires par le rapport du COI, la mise en service des voies pourrait être reportée à 2042, quel que soit le scénario retenu. Le gouvernement "peut" enterrer cet éventuel rapport selon le maire de Chambéry. "Je ne sais pas si c’est un rapport pour faciliter une prise de décision du ministre des Transports, en tous les cas, ça ne va pas l’arranger" conclut Thierry Repentin.