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Nordahl Lelandais, une énigme au coeur de l'enquête

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En quatre mois, le visage de Nordahl Lelandais a changé, au point de devenir "méconnaissable". Les différentes facettes de cet ex-militaire passionné de chiens de 34 ans, gentil pour les uns, violent pour les autres, intriguent les enquêteurs.

Par AFP

Les photos qui circulent du suspect des meurtres de Maëlys De Araujo, presque 9 ans, et du caporal Arthur Noyer, 23 ans, montrent un homme glabre, le cheveu ras, mais il n'est plus le même depuis qu'il est incarcéré.

"Il porte la barbe, grise, et ses cheveux ont poussé, poivre et sel. Il est méconnaissable", confie une source proche du dossier, pour qui "le physique est parfois le reflet de l'esprit". Enquêteurs et magistrats envisagent la piste d'"un Dr Jekyll et Mister Hyde" mais ne disposent pas encore d'une expertise psychologique.

Le trentenaire, athlétique, est dépeint comme "très gentil" par ses amis et sa famille. Sa mère a toujours clamé qu'il était "impossible" que son fils ait commis des atrocités. Il le lui a "juré les yeux dans les yeux", lors d'un parloir début octobre.

Depuis ces quelques confessions, l'avocat du mis en cause, Me Alain Jakubowicz, a conseillé à ses proches de se taire - lui-même n'a rien dit, à l'exception d'une intervention sur BFMTV.

A l'inverse, "d'autres le décrivent comme violent", indique une source. D'ex-partenaires ont sollicité son premier conseil, Me Bernard Méraud, pour faire retirer d'internet des vidéos à caractère sexuel où elles apparaissaient.


De l'armée aux petit boulots

Mais de cet homme né le 18 février 1983 à Boulogne-Billancourt, on sait peu de choses encore, si ce n'est sa passion pour les chiens qui lui fait intégrer, à 19 ans, le 132e bataillon cynophile de l'armée de Terre à Suippes, près de Châlons-en-Champagne.

Nommé caporal en novembre 2003, il quitte l'armée en avril 2005 avec ce grade, marquant une progression normale pour un soldat du rang. Il est réformé cependant pour "troubles psychologiques". Son dossier médical militaire, demandé par l'instruction, n'est pas encore arrivé.

Revenu en Savoie, Nordahl Lelandais tente de se lancer dans l'éducation canine, dépose les statuts d'une entreprise dont l'activité ne décolle pas. Selon Me Méraud, il enchaîne ensuite les missions d'intérim et les "petits boulots". Souffrant d'une hernie discale, ce consommateur occasionnel de cocaïne était retourné cette année vivre chez ses parents, modestes retraités, à Domessin (Savoie).

Fin avril 2009, il avait été condamné à 30 mois de prison, dont 12 fermes, pour avoir cambriolé et incendié, avec d'autres, un restaurant du lac de Paladru, dans le nord-Isère. Il avait bénéficié d'une libération conditionnelle en octobre 2010.

Et "niait avoir participé", relève une source proche du dossier.

"Ne pas tout lui coller"

Lors des interrogatoires, il est apparu "calme, froid, serein, parfois muet mais pas fuyant". Comme un homme qui "s'exprime bien", qui fait preuve d'une "certaine maîtrise de lui-même", voire d'une "grosse confiance en lui".

Des expertises ont montré une importante consommation de pornographie. Une source avance l'hypothèse d'un "prédateur sexuel" en évoquant des affaires similaires dans la zone, notamment celles de trois "hommes jeunes, disparus après des soirées festives", comme Arthur Noyer.

Il s'agit d'un saisonnier belge de 24 ans en Haute-Savoie, introuvable depuis juillet ; et de deux hommes disparus après un festival de musique électronique à Fort Tamié (Savoie), l'un âgé de 23 ans en septembre 2011 et l'autre de 45 ans l'année suivante.


D'autres dossiers non élucidés vont être réétudiés dans la région et là où Nordahl Lelandais a vécu dans le passé, comme celui d'Estelle Mouzin disparue en Seine-et-Marne alors qu'il était militaire dans la Marne. "Le recensement n'a pas encore été fait mais nous avons déjà été contactés par des enquêteurs et des magistrats", indique une source proche de l'enquête.

La mystérieuse tuerie de Chevaline en 2012 a aussi ressurgi dans ce contexte mais le parquet d'Annecy a fait savoir "qu'en l'état, aucun élément ne permet d'affirmer quoi que ce soit". "Il faut tout vérifier évidemment mais il ne faut pas non plus tout lui coller sur le dos", estime une source judiciaire.


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