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Charte des langues régionales: Pierre Grasset, le défenseur du francoprovençal

Cette semaine, l'Assemblée nationale a donné son aval pour modifier la Constitution et y faire entrer les langues régionales. Après 15 ans de débat, cette avancée importante devrait rassurer les défenseurs du francoprovençal, tel l'écrivain Pierre Grasset.

Par France 3 Alpes

Pierre Grasset est le premier auteur de langue arpitane à être entré à l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Savoie. Depuis une vingtaine d'années, l'écrivain écrit ses contes et ses romans en Savoyard, le patois de son enfance.

Sur la commune d'Arvillard où il est né, on est très attaché à cette langue qu'on appelle aussi le Francoprovençal. Avec l'appui d'une association et d'élus, Pierre a créé des panneaux bilingues. D'autres initiatives sont prévues: des interventions périscolaires, des cours de langue, et des expositions écrites... en Savoyard. 

Les langues régionales
Lieu de tournage : Barby (Savoie). intervenants : Pierre Grasset, écrivain en langue savoyarde

Vers la ratification de la charte des langues régionales


Mardi 22 janvier, les députés se sont prononcés à une large majorité en faveur d'une modification de la Constitution, pour ratifier la charte européenne des langues régionales, un "tour de chauffe" qui permet d'envisager la poursuite du processus. Le vote, par 361 voix contre 149, est en effet nettement au-delà de la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Si une proportion comparable se retrouve au Sénat, le seuil nécessaire pour modifier la Constitution par la voie du Congrès (réunion des deux chambres à Versailles) sera atteint.

La charte, rédigée en 1992, est destinée à protéger et à promouvoir l'emploi des langues "régionales ou minoritaires" (à l'exception des langues des migrants) dans l'enseignement, les médias ou les services administratifs. Le processus de ratification en France avait été gelé après une décision du Conseil constitutionnel de juin 1999, estimant la charte contraire à l'égalité devant la loi de tous les citoyens d'une part, et au fait que "la langue de la République est le français" (article 2 de la Constitution).

"La Charte n'oblige pas les citoyens à pratiquer une langue régionale", a plaidé, mardi, l'écologiste breton Paul Molac face à ceux qui, comme l'UMP Henri Gaino, y voit un pas vers le "communautarisme". "Mais les langues régionales ne sont aujourd'hui ni reconnues ni protégées dans notre droit. La charte donnera l'assise pour mettre en place de politiques linguistiques", a plaidé M. Molac.

"Actuellement, la prise d'initiative la plus anodine, comme la mise en place de panneaux bilingues peut déboucher sur des mises en cause devant les tribunaux", avait expliqué le rapporteur de la proposition de loi, le socialiste breton Jean-Jacques Urvoas.


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