Un combat entre gypaètes barbus en Vanoise entraîne la mort d'un vautour et l'abandon d'un œuf

Publié le Mis à jour le
Écrit par Alice Robinet .

Au début de l'année, le parc national de Vanoise se réjouissait du succès des couvaisons de cinq couples de gypaètes barbus. Mais la mort de l'un de ces vautours en début de semaine, et l'échec de deux couvaisons ternissent un peu le tableau. Heureusement, deux oeufs ont tout de même éclos. 

"J'étais en observation, ce dimanche 19 mars à Bessans, quand j'ai vu trois gypaètes s'affronter dans les airs" raconte Denis Attinault, ornithologue et photographe amateur, contacté par téléphone.

J'ai vu deux oiseaux tomber au sol



Un combat aérien qu'il enregistre sur son appareil photo et dont l'issue se complique. "J'ai vu deux des vautours tomber au sol. Seul l'un est réapparu plus tard quelques minutes après dans le ciel. Je suis alors allé voir, pour éventuellement aider l'oiseau blessé, mais je ne l'ai pas trouvé. J'ai ensuite appelé le parc de la Vanoise, pour les prévenir" détaille Denis. 







Deux jours plus tard, mardi 21 mars, les agents du parc font une macabre découverte. Ils trouvent les restes d'un vautour, dans la zone signalée par Denis Attinault. 



Une compétition "intra-spécifique"

D'après les agents du parc, un des couples qui nidifiaient en Vanoise, installé à Bessans, a été attaqué par un vautour pour l'instant non identifié. C'est la scène a laquelle a assisté Denis Attinault.



Le gypaète extérieur au site a été chassé du territoire du couple de rapaces. Mais la perturbation engendrée par cette attaque a malheureusement causé l'abandon de l'oeuf qui devait éclore quelques jours plus tard.



Selon un communiqué du Parc de la Vanoise, cet épisode relève d'une "compétition intra-spécifique", c'est à dire entre individus d'une même espèce.



"Nous n'avons encore jamais constaté ce comportement en Haute-Maurienne" détaille Joel Blanchemain, technicien du patrimoine naturel sur le site. "Mais il me semble avoir entendu parler d'attaques similaires dans les Pyrénées", ajoute-t-il."Peut-être que la concentration des cinq couples en Vanoise est trop importante" s'interroge Joel Blanchemain. 

Deux couvaisons ayant échoué 

Sur les cinq couples de gypaètes barbus s'étant reproduits en Vanoise cet hiver, deux n'auront pas de gypaétons ce printemps. En plus du couple de Bessans, une autre reproduction a échoué, celle des rapaces installés à Val-d'Isère. 



Mais tout n'est pas perdu : deux petits sont déjà nés, l'un dans la vallée des Chapieux, et le second à Peisey-Nancroix, en Tarentaise. Quand au couple installé à Termignon, la situation est incertaine. Alors que l'oeuf aurait déjà dû éclore, la couvaison semble se poursuivre. "Mais il pourrait s'agir d'une ponte de remplacement, un peu en retard, dans le cas ou le premier oeuf a été perdu" indique Joel Blanchemain. 





Le gypaète barbu, un vautour en danger
Le gypaète barbu est l'une des quatre espèces de vautours présentes en France.



Alors qu'il avait "disparu de la plupart des massifs montagneux du pourtour méditerranéen" note la LPO, ce vautour a bénéficié d'un programme de réintroduction, notamment dans les Alpes françaises, à la fin des années 80. 



Néanmoins, sa présence sur le territoire français reste très limitée, car en 2011, seuls 50 couples y étaient recensés, dont 20 sur l'Arc Alpin. 
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité