Coronavirus COVID 19. Avec le confinement, les policiers de Savoie s'attendent "à une augmentation des violences"

C'est hélas un des effets possibles du confinement. Si les journées étaient jusqu'alors plutôt calmes pour les policiers en Savoie, ils s'attendent à une augmentation des violences intra-familliales et entre voisins. Surtout avec le prolongement du confinement. 
Une victime témoigne de violences conjugales. Illustration.
Une victime témoigne de violences conjugales. Illustration. © Pierre Heckler / MAXPPP
Jusqu'à présent c'était plutôt l'inverse. Avec le confinement, les interventions étaient en baisse. La police pouvait se concentrer sur les contrôles. Quant au 17, il était saturé par des appels parfois rocambolesques, soit pour savoir si telle ou telle circonstance justifiait une sortie, soit pour dénonçer un voisin qui passait trop de temps dehors...

Mais à présent les conséquences du confinement pourraient voir le jour, agressions intra-familiales ou entre voisins. "C'est comme si les gens n'étaient réellement confinés que depuis cette semaine" nous explique-t-on au commissariat de Chambéry. Car la première semaine, les mesures n'aurait pas été totalement respectées. 

Pour preuve, depuis quelques jours les policiers interviennent à nouveau pour des violences. Vendredi 27 mars à midi, ils ont interpellé et placé en garde à vue un homme de 41 ans à Aix-les-Bains. L'individu, ivre, aurait frappé ses enfants et sa compagne. Celle-ci a trouvé refuge chez une voisine, qui a alerté la police. 

Dans la nuit du 25 au 26 mars, toujours à Aix-les-Bains, ils sont intervenus dans des circonstances similaires. Un homme de 43 a été arrêté. Il est soupçonné d'avoir violenté sa compagne. Celle-ci portait des marques de strangulation et des bleus sur le corps. 

Depuis le Grenelle sur les violences conjugales et la Loi qui en a découlé il y a quelques mois, les auteurs de violences intra-familiales sont systématiquement placés en garde à vue puis en détention. Ils sont ensuite jugés en comparution immédiate. Dans la plupart des cas, soit ils sont incarcérés (surtout en cas de récidive), soit ils sont placés sous contrôle judiciaire avec injonction de soins. 

Et en cette période de confinement la Justice fonctionne tout à fait normalement pour les auteurs de violences. 


De nouvelles mesures pendant le confinement


En Chine, la crise sanitaire et le confinement imposé pour vaincre l'épidémie de coronavirus ont conduit à une explosion des violences conjugales. 

Le jeudi 26 mars, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a révélé que les services de police et de gendarmerie avaient comptabilisé une augmentation des cas de violences conjugales de "32% en une semaine" en zone de gendarmerie, et de "36% en une semaine" dans la zone de la préfecture de police de Paris. 

Plusieurs mesures ont été annoncées ou rappelées par le gouvernement pour venir en aide aux victimes :"Il n'est pas interdit de fuir". C'est le message martelé par les associations d'aide aux victimes depuis le début du confinement. "Elles peuvent se sauver, et appeler le 115 pour l'hébergement", a insisté Marie-Pierre Badré, la présidente du centre Hubertine Auclert, observatoire des violences faites aux femmes auprès de franceinfo. Il est conseillé aux personnes victimes de violences domestiques de prétexter une sortie, pour réaliser des courses par exemple, afin de pouvoir donner l'alerte et quitter le domicile familial.





 
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